Test de Uncharted 4 A Thief's end

Uncharted 4 : A Thief’s End est un jeu d’une telle intensité que l’allusion sexuelle était presque obligatoire. Mais derrière de nombreux passages à la limite de l’orgasmique, le jeu de Naughty Dog cache un rythme qui fait redescendre la pression.

Dire que j’attendais Uncharted 4 : A Thief’s End avec impatience serait un doux euphémisme. En même temps, quand je m’amuse à appeler toutes les boutiques autour de chez moi pour essayer de choper un jeu ne serait-ce qu’un tout petit jour avant sa date de sortie officielle, c’est bien là la preuve que j’ai envie d’y passer mes nuits. Et je ne regrette absolument pas les litres de gasoil que j’ai brulé pour avoir la chance d’y jouer dès le samedi soir. Uncharted 4 est une putain claque. Un direct dans le foie. Un coup de genou dans les gencives ou n’importe quel autre truc qui vous laisse KO avec de la bave sur la commissure des lèvres. Puyo ne mentait pas, on est bien là face au plus beau jeu de l’histoire de l’humanité. Et il va falloir attendre encore longtemps avant de voir un jeu ne serait-ce que l’égaler. Qu’on parle de graphismes en règle générale, de la finesse des textures, la fluidité des animations, la qualité des jeux de lumière ou bien même la direction artistique, Uncharted 4 est un pur chef-d’œuvre. Le genre de jeu qui fait briller des rétines et qu’on aime montrer quand on reçoit du monde à la maison. Juste histoire de les faire baver et de trouver une sorte de légitimité à avoir investi dans une PS4. Mais les mots ne servent à rien et il suffit d’aller faire un petit tour sur Youtube pour voir à quel point Uncharted 4 est violent. Quant aux cinématiques, toujours réalisées à partir du moteur du jeu, elles n’ont jamais semblé autant « photoréalistes » avec des personnages qui sonnent juste et sans ce regard bovin qu’on voit un peu trop souvent dans le jeu vidéo (Coucou Quantic Dream). En clair, les dogs ont une nouvelle fois prouvé qu’ils étaient les boss du hardware Sony tout en humiliant un bon gros paquet de studios au passage. Sincèrement, s’en est limité indécent.

Test de Uncharted 4 A Thief's end

Depuis qu’il s’est fait mettre la corde au coup par la belle Elena, ce bon vieux Nathan s’est rangé des chasses aux trésors pour vivre une vie tout ce qu’il y a de plus normal et bosser pour une entreprise de récupération sous-marine. Enfin ça, c’était avant que son frère qu’il croyait mort déboule et qu’ils partent en quête du trésor de Henry Every, un célèbre pirate anglais qui aurait caché un trésor pharaonique quelque part sur le globe. Vous conviendrez que le scénario n’a rien de révolutionnaire, c’est même cousu de fil blanc et les plus perspicaces d’entre vous n’auront aucun mal à anticiper les quelques retournements de situations que réserve le jeu. Ce qui n’est pas un problème en soi puisqu’on n’a jamais demandé à un Uncharted d’avoir la finesse scénaristique d’un Usual Suspects. On suit les péripéties de Drake et sa bande avec plaisir, sans jamais décrocher et avec comme seul objectif ce foutu trésor qui semble toujours plus loin au fur et à mesure que l’on avance. Le contrat est donc rempli haut la main et Uncharted 4 répond parfaitement à la définition du jeu popcorn qu’on a envie de sortir tous les soirs avant d’aller se pieuter. Mais il y a tout de même un petit souci selon moi concernant le ton du jeu. Depuis le départ d’Amy Hennig de Naughty Dog, c’est l’équipe de The Last of Us qui s’est occupé de l’écriture d’Uncharted 4 et ça se sent du début à la fin. Le jeu se veut nettement plus sérieux que ses prédécesseurs et il a perdu ce petit soupçon de fraicheur qu’on retrouve habituellement dans la série. L’humour est toujours de la partie avec de bonnes punchlines entre deux séances de grimpettes, mais ce n’est plus comme avant. Nathan a muri, pire, il a même vieilli et on nous dit entre les lignes qu’il est devenu trop vieux pour ces conneries. Et peut-être même que nous aussi.

Test de Uncharted 4 A Thief's end

Concernant le gameplay, on reste sur les mêmes bases, mais avec quelques ajustements et une pincée de nouveautés qui viennent un peu dynamiser la formule. Comme l’apparition du grappin, un grand classique du jeu vidéo, qui est utilisé ici pour faciliter l’exploration, résoudre une énigme ou deux ou encore fondre sur ennemi pour le finir d’un direct du droit dans le menton. Malheureusement, et comme pour le reste, son utilisation reste téléguidée et on ne peut pas en faire ce que l’on veut quand on veut. Concernant les gunfights, ils restent toujours autant poussifs, avec une visée qui manque de précison, mais il y a tout de même un gros mieux. Les flingues offrent de superbes sensations, on sent l’impact de chaque cartouche tirée et s’est un vrai petit plaisir de défourailler tout ce qui bouge. De quoi regretter ce putain d’aimant qu’on se coltine au cul durant tout le jeu et la peau en adamantium des ennemis. Un défaut que se traine la licence depuis le tout premier épisode et qui fait malheureusement son grand retour ici. Enfin, en héritage à The Last of Us, le jeu intègre des mécaniques d’infiltration. De la vraie, comme chez les grands. Il est ainsi parfaitement possible de faire l’économie d’un nouvel échange de plombs en se faufilant dans les hautes herbes pour passer inaperçu tout en prenant soin de briser quelques nuques au passage ou en faisant tomber un pauvre bougre dans le vide depuis une corniche. Si ces phases restent très chouettes et permettent de souffler entre deux gros gunfights qui peuvent rapidement virer au barbant, on ne peut pas dire que tout fonctionne à la perfection. L’infiltration à la verticale est une activité tout ce qu’il y a de plus sympathique, mais elle brise littéralement en deux l’aspect « réaliste » qu’essaie de nous vendre le jeu. Et je ne parle pas de l’IA des ennemis complètement débile incapable de voir qu’un collègue vient de se faire dessouder à moins de trois mètres ou qui reste cloitrée dans des rondes qui frisent parfois le ridicule. On le sait maintenant depuis longtemps, Uncharted est un jeu tout public et la notion d’exigence que demande un jeu d’infiltration ne pouvait fatalement pas fonctionner ici sans perdre la moitié des joueurs en chemin. Mais qu’importe, même si le gameplay est loin d’être sans reproche, le jeu reste très agréable à prendre en main et on y prend du plaisir. Ce qui est, à mes yeux, le plus important dans un jeu vidéo. Le vrai problème d’Uncharted 4, car il y en a bien évidemment un, c’est ce satané rythme qui vient gâcher la fête.

Test de Uncharted 4 A Thief's end

Uncharted est une série qui n’a jamais triché et qui a toujours pris le parti de mettre le gameplay au second plan pour mettre en avant l’expérience de jeu avec la réalisation comme tête de gondole. Et si ça provoque des ulcères chez les joueurs de la vieille école, on m’a même accusé de na pas aimé le jeu vidéo car j’ai osé apprécier Uncharted 3 (wtf), ça ne m’a jamais empêché de prendre mon pied et d’enquiller les 8 à 10 heures de jeu de chaque épisode sans jamais lever les yeux au ciel. Une durée de vie que je considère comme optimale pour des jeux de cette trempe. Mais pour Uncharted 4, les dogs ont décidé de revoir leur copie et de nous livrer un jeu qui se termine en 15 heures montre en main. Je ne sais pas si c’est une réponse aux critiques sur la durée de vie des précédents volets, mais je trouve, très personnellement, que cette augmentation a été fort préjudiciable à l’expérience globale à cause d’un rythme qui en a forcément pâtie. Qu’on soit clair, le rythme n’est pas catastrophique, mais on se tape régulièrement des passages à vide qui ont les mêmes propriétés physiques qu’un trou noir et où on se fait royalement chier. Je n’ai strictement rien contre les phases d’exploration, bien au contraire, mais quand on reste plus de 15 minutes à se frotter contre la même paroi pour aller d’un point A à un point B, ce n’est clairement PAS POSSIBLE. A un moment donné on déboule du côté de Madagascar, de loin la meilleure partie du jeu à mes yeux, où le rythme frise le sans-faute avec une longue montée en puissance où l’on en prend plein la gueule avant de tomber totalement à plat le chapitre suivant. Uncharted n’est pas The Last of Us et n’a absolument pas besoin de ces moments de longue accalmie juste pour poser l’ambiance. Uncharted c’est l’aventure, le dépaysement, le voyage, pas la fin du monde, bordel de merde. Mais on peut tout de même saluer Naughty Dog d’avoir voulu donner plus de poids aux séquences de grimpettes, nous offrant même des chemins alternatifs et de grandes zones à explorer, mais ils n’étaient clairement pas obligés de nous infliger des séquences mollassonnes et presque sans intérêt. Et c’est bien pour ça que malgré sa plastique de rêve, toutes les nouveautés de gameplay qui rafraichissent la formule et cette très belle conclusion à la série (je prends parti), Uncharted 4 n’atteint pas le niveau d’Uncharted 2 qui reste une référence du jeu d’aventures avec un rythme tout simplement parfait. C’est dit.

Je peux vous voir, derrière vos écrans, le poil tout hérissé et le sourcil droit surélevé parce que j’ai osé ne mettre que quatre étoiles sur cinq à Uncharted 4. Mais que voulez-vous, le jeu est loin d’être parfait et je n’ai pas envie d’entrer dans le train de la hype qui roule un peu trop vite à mon gout. Une fois de plus, Naugthy Dog a montré au monde entier qu’ils étaient l’un des meilleurs studios au monde avec un jeu techniquement PARFAIT qui ne fait qu’enchainer les mandales visuelles et les séquences spectaculaires. Et que dire des personnages, drôles, attachants, qu’on suit du début à la fin sans jamais avoir envie de les quitter des yeux. Une véritable marque de fabrique pour les Californiens qui maitrisent leur sujet sur le bout des doigts depuis maintenant près de 10 ans. Mais la plastique exemplaire d’Uncharted 4 ne l’empêche pas de souffrir d’un rythme très irrégulier, hérité d’un certain The Last of Us, qui nous fait passer de moments très intenses à des phases d’une extrême mollesse où l’on se fait parfois royalement chier. Et même si le gameplay a hérité de quelques nouveautés pour rafraichir la formule, tout n’est pas parfait et ce qui aurait pu être le meilleur volet de la série reste en dessous d’un certain Uncharted 2. Un jeu qui avait réussi à trouver l’équilibre parfait et qui reste encore aujourd’hui un exemple en matière de rythme. Mais tout ça n’empêche pas Uncharted 4 : A Thief’s End d’être un putain de bon jeu et une très belle conclusion à la série. Vous pouvez acheter les yeux fermés.

Répondre

Merci de renseigner votre commentaire
Merci de renseigner votre nom