Je vais peut-être vous paraitre direct, mais The Crew premier du nom était une sombre purge. Autant vous dire que je n’attendais absolument rien de sa suite. Pourtant, il ne m’aura fallu qu’une poignée de minutes sur The Crew 2 pour me rabibocher avec la série et en faire ma petite sucrerie de l’été.

Contrairement à un certain patron de chaîne de télévision sur l’Esport qui a passé un temps assez considérable à chanter les louanges de The Crew sur Twitter, les mauvaises langues tireront les conclusions qu’ils souhaitent, j’ai pour ma part passé un moment loin d’être inoubliable sur le jeu de caisse d’Ubisoft. Car malgré les belles promesses d’une réplique des États-Unis à parcourir d’une côte à l’autre à bord de grosses cylindrées américaines en compagnie des joueurs du monde entier, j’en garde le même souvenir qu’un bout de tofu trouvé au fond d’un frigo à trois heures du matin. Fade, froid, moche et inintéressant. Si le peu de souvenirs que j’en garde doivent très certainement rendre mon jugement bien plus odieux qu’à l’époque, d’autant plus pour ceux et celles qui s’y seraient amusés, vous pouvez toujours aller lire mes impressions pour vous rafraîchir la mémoire. Ça ne mange pas de pain, ça permettra d’augmenter mon nombre de pages vues et ça vous fera surtout comprendre à quel point je n’attendais rien de The Crew 2. Mais comme d’habitude, et bizarrement assez souvent chez Ubisoft, c’est à chaque fois que je n’attends strictement rien d’un jeu qu’il me surprend le plus. Car oui, The Crew 2 est un jeu plutôt chouette qui a réalisé la prouesse de me faire oublier la purge qu’était son prédécesseur. Et rien que pour ça, franchement, bravo.

Si The Crew 2 change radicalement sa formule, le lieu, lui, reste rigoureusement le même. On retourne ainsi dans une réplique miniature des Etats-Unis qui prend de nouveau la forme d’un monde ouvert qu’on peut intégralement parcourir d’entrée de jeu sans aucune forme de contrainte et sans tours radios ou autres diableries à débusquer pour découvrir la carte. Et bien que ça puisse prendre pas loin de deux heures pour rallier la côte est à la côte ouest à bord d’un véhicule qui dépasse péniblement les 200 km/h, je dois reconnaitre que c’est assez plaisant, pour ne pas dire même grisant, de partir à l’aventure sans le moindre but que celui de rouler façon road trip ou de faire la traversée en avion pour voler au-dessus des nuages ou encore admirer les lumières de Las Vegas en pleine nuit. Niveau dépaysement, The Crew 2 envoie sacrément du lourd même s’il y a de quoi regretter un manque cruel de vie sur les routes et une réalisation qui manque de relief selon l’endroit. Les contraintes techniques ne sont pas les mêmes, mais si The Crew 2 proposait une réalisation aussi étincelante qu’un Forza Horizon, il y aurait de quoi verser une petite larme à chaque nouvelle partie.

Comme je vous le disais plus haut, The Crew 2 change drastiquement de formule et nous propose maintenant de piloter différents types de véhicules. Et là je ne vous parle pas d’un simple nouveau modèle de traction en plus des classiques caisses à propulsion, mais d’un avion, un bateau, un monster truck, une moto, une voiture de rallye ou encore un Jet Sprint. Tout un tas de nouveaux véhicules pour prendre part à différents types d’épreuves aux quatre coins du pays allant de la course de rue à du freestyle en voltigeur en passant par du off-road au beau milieu du Minnesota à bord d’un buggy. La carte dégouline d’épreuves aussi rafraichissantes que variées et on peut s’y rendre depuis la route avec n’importe quel véhicule qu’on a dans son garage et qu’on peut changer à la volée à l’aide du stick analogique ou simplement en sélectionnant l’épreuve sur la carte qui nous donne droit à un petit effet de zoom du plus bel effet. En plus de nous donner la liberté d’aller où bon nous semble sur la carte dès le début du jeu, on peut aussi faire les épreuves dans n’importe quel ordre avec comme seule contrainte l’achat de nouveaux véhicules pour déverrouiller de nouveaux types d’épreuves.

Comme on vit dans un monde qui ne tourne plus qu’avec les réseaux sociaux, The Crew 2 développe son « scénario » là-dessus et nous fait participer à une espèce d’émission de téléréalité où le but est de devenir le meilleur des pilotes en grattant de le plus de followers possible. Sauf que là on ne peut pas organiser de concours ou faire chauffer sa CB sur un site chinois pour devenir éligible au top tweet mais gagner des courses ou être sur le podium pour gratter quelques milliers de nouveaux suiveurs. On peut aussi en gagner quelques-uns en faisant le couillon en mode libre de quoi croiser d’autres joueurs un peu partout sur la route. D’ailleurs, c’est plutôt chouette de rouler à toute berzingue sur l’autoroute pendant qu’on admire deux mecs se tirer la bourre en avion à l’horizon. Aussi, afin de passer du statut de prolétaire que personne ne connait à celui de star en devenir, il faut participer aux Live Extrem. Des épreuves jalons vraiment très chouettes à faire qui prennent la forme d’un triathlon motorisé et qui nous fait changer de véhicule et de style en pleine course. Et je dois dire que ça fonctionne plutôt bien lorsque ta Ford Mustang se matérialise en bateau à moteur après un saut pour atterrir sur un canal en contrebas. C’est même le type de course les plus amusantes à faire dans le jeu.

Pour en venir au gameplay, The Crew 2 est un jeu typé arcade qui propose une prise en main aussi simple qu’immédiate. On est assez loin de la finesse d’un Forza Horizon et il suffit juste de bourriner l’accélérateur et négliger l’existence même de l’accélérateur pour enquiller les victoires ou les podiums. Le plaisir de jeu est bel et bien au rendez-vous et si le gameplay est globalement très agréable, tout n’est pas parfait pour autant. Il arrive même que le jeu donne envie d’exploser sa manette en deux contre un mur. Du moins c’est l’effet que ça me fait lorsque je dois recommencer une course parce que je me suis fait arrêter net contre un bout de trottoir ou un pauvre poteau électrique alors que j’étais lancé à plus de 250 km/h. Idem lorsque l’IA complétement débile vous attend sagement pour que vous puissiez les rattraper et devient aussitôt agressive et rapide comme l’éclair lorsque vous passez en tête. Je peux comprendre qu’un concurrent me pousse violemment dans le décor lors d’une course dans les rues de les rues de L.A., mais j’attendais un peu d’élégance de la part de l’IA lors des épreuves sur circuit fermé au lieu de me foncer dessus à l’amorce d’un virage serré…Enfin, pour terminer sur les points qui me gênent, j’aurais vraiment apprécié un transfert de masse un peu plus prononcé et ne pas avoir l’impression de piloter des voitures en papier qui ont une fâcheuse tendance à sous virer. Je pourrais aussi vous parler du comportement assez surréaliste des motos avec le pilote visé dessus, mais ça reste plutôt chouette à prendre en main comme pour le reste. Au final, malgré quelques agacements, le jeu reste très plaisant et c’est de loin le plus important.

j’y ai joué avec une version fournie par l’éditeur

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7
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