trailer de lancement gears of War 4

On pouvait le craindre et avoir de sérieux doutes, mais Gears of War 4 assume parfaitement le lourd héritage qu’il porte sur les épaules. Dommage que l’aventure mette autant de temps à décoller…

Sans être un hardcore comme Maiden qui a dévoré tous les romans de la franchise, j’aime me considérer comme un fan de Gears of War depuis la première heure. Et pour l’anecdote, je suis même parti m’acheter une Xbox 360 le lendemain même après avoir assisté à une présentation du premier Gears lors du Micromania Games Show 2006. Ce qui ne m’a tout de même pas empêché de passer à côté de Gears of War Judgement que je considère comme une anomalie purement commerciale qui n’a strictement rien à foutre dans le canon de la série. Tout ça pour vous dire que j’attendais fiévreusement Gears of War 4 comme un gosse qui attend ses jouets la veille de Noël. Malheureusement, le premier contact n’a pas été comme je l’imaginais. Loin de là même…

Test de gears of War 4

Mon dieu que c’est chiant

Je ne vais pas tourner autour du pot très longtemps : je me suis fait chier comme un rat mort durant mes deux premières heures de jeu. Et il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, le jeu se déroule 25 ans après les événements de Gears of War 3. Les locustes ne sont plus qu’un lointain souvenir et la paix est revenu sur Sera. Du moins, en façade, car dans le fond, la planète n’est qu’un vaste tas de ruines qui peine à se reconstruire à cause de quelques petites divergences politiques. Et dans ce joyeux foutoir, on incarne JD Fenix, le fils de Marcus, qui a quitté la CGU avec son pote Delmont pour rejoindre les déserteurs. Une petite communauté qui ne souhaite pas se fondre dans le moule imposé par la CGU. Et bien que je n’aie fondamentalement rien contre la bande à JD, le charisme de la série en prend un sacré coup. On est même très loin de l’équipe des Delta qui a redéfini le sens même de la badasserie dans la sphère JV. Mais bon, la sauce finie tout de même par prendre et on s’attache à cette nouvelle génération qui a finalement moins d’expérience que le joueur lui-même.

Mais revenons-en à nos moutons. Si JD et ses potes se la coulent douce chez les hippies à voler du matos à la CGU pour aménager leur petit village, ça n’a pas l’air de faire spécialement plaisir à ses anciens patrons. La CGU souhaite mettre en place un système plus ou moins totalitaire et cette bande de fumeurs de ganja agit comme du poil à gratter dans l’entreprise du gouvernement en place. En clair, pour la CGU, c’est nous les méchants et on doit donc faire face à une armée de robots dont le seul et unique but est de nous botter les fesses. Une nouvelle variété d’ennemis qui aurait pu agir comme une bulle de fraicheur sur deux ou trois chapitres, mais qui vire au vomitif quand on se les mange en boucle sur plus de deux actes. Surtout que le jeu nous les envois à un rythme effréné dans des zones de combat avec la même configuration où on ne fait que passer d’abris en abris pour passer à la suite. C’est un peu le sel de la licence, mais Gears of War c’est de la chair, du sang et de la sueur. Pas un amoncellement de carcasses froides sans la moindre saveur. Mais qu’importe, si la bidasse envoyée par la CGU est le premier ennemi qu’on affronte dans Gears of War 4, la vermine, plus forte que jamais, est bel et bien de retour dans les entrailles de Sera. Et c’est juste à ce moment-là que le jeu décolle pour ne plus jamais redescendre.

Test de gears of War 4

Mon dieu que c’est bon

Il aura donc fallu attendre entre deux à trois heures de jeu pour enfin voir débouler les vrais gros méchants de Gears of War 4. Cette bonne vieille vermine qui vient une fois de plus du plus profond de la terre pour mettre une rouste à l’humanité à grands coups de plomb, de bave et autres liquide dégueulasse qui jaillit de leurs pires bestioles. Mais bien que la bande à JD sache manier le Lanzor à la perfection, une seule personne a suffisamment d’expérience et de « balls » pour éradiquer cette nouvelle menace : un certain Marcus Fenix. Et il n’en fallait pas moins au vieux Marcus pour sortir de sa retraite et enfiler sa vieille armure de la CGU pour aller tronçonner de la charogne. L’aventure peut commencer et Gears of War 4 embrasse enfin ce souffle épique que je n’avais pas du tout perçu sur les deux premiers actes. Le jeu gagne en dynamise, en nervosité et on foule le sol de Sera qui, en plus d’être attaquée par une nouvelle race de vermine, est balayée par des tempêtes qui emportent tout sur leurs passages. Autant vous dire que ça pue un peu du cul et il est primordial de se sortir les doigts pour régler toute cette merde.

Côté gameplay, Gears of War 4 reprend les mêmes bases que ses prédécesseurs. À savoir tous les codes du TPS bourru où le but premier reste de défourailler tout ce qui bouge en se mettant régulièrement à couvert pour éviter le feu ennemi ; et où le moindre face à face se termine par un coup de fusil à pompe qui fait exploser l’ennemi sous un amas de chair fumante ou par un tronçonnage en règle sous une pluie d’hémoglobine. Oui, le feelling si cher aux jeux estampillés Gears est bien là et on retombe sur nos pattes aussi vite qu’un rechargement éclair. Mais Gears of War 4 ne fait pas que reprendre une formule vieille de 10 ans et apporte son petit lot de nouveautés. À commencer par une souplesse accrue dans les contrôles et une meilleure gestion des covers qui donne de la patate à l’ensemble. Aussi, il est maintenant possible de foncer tête baisée pour venir latter un ennemi à couvert soit en lui sautant pieds joints sur la gueule ou en le chopant par le col pour le finir à l’ancienne à coups de couteau. Le gameplay s’étoffe et il ne suffit plus de rester bêtement à couvert et vider son chargeur pour se débarrassera de la vermine. Et rien que pour ça, Gears of War 4 se pose comme l’épisode le plus abouti de toute la saga.

Test de gears of War 4

Le poids des traditions

Comme le veut la tradition et surtout comme l’impose l’aura de la licence, Gears of War 4 a de quoi être le nouveau porte étendard technique de la Xbox One. Et ce, même si la baffe n’est pas aussi violente qu’à l’époque du premier Gears sur Xbox 360. Le jeu est beau, fin et tourne sans la moindre petite saccade. Et contrairement à la palette de couleurs grisâtres des premiers jeux, Gears of War 4 s’ouvre et offre de magnifiques panoramas. Surtout en début du jeu lorsqu’on découvre pour la toute première fois le village avec ses jolies teintes de vert, de bleue ou encore de jaune. Le genre de couleurs qu’on pensait inimaginable dans un Gears. Et je ne vous parle pas des séquences avec les tempêtes où le ciel s’obscurcit et qu’on voit les éclairs s’abattre autour des tornades sous un festival de couleurs ocre et orangées du plus bel effet. Malheureusement, malgré ces quelques bons choix de direction artistique, le jeu repart très vite dans ses travers et se contente de cavernes grisâtres la majorité du temps. Ce qui n’empêche pas au jeu d’envoyer du lourd et de se poser comme l’un des plus beaux jeux de cette génération de consoles. Même s’il reste quelques crans sous le splendide Uncharted 4 (Dédicace à Koopa).

Pour finir, quelques mots sur ce qui m’intéresse le moins et qui est pourtant l’un des éléments le plus important du jeu : le multijoueurs. Le studio avait pour vocation de redorer le blason de la licence dans le milieu e-sport et ils ont tout mis en œuvre pour y arriver. À commencer par un framerate calé à 60 fps pour un confort de jeu optimal, quitte à légèrement baisser la qualité graphique du titre, et quelques nouveaux modes de jeu plutôt bien vue comme « Course à l’armement » où l’on change d’arme tous les trois frags. Je ne vais pas vous mentir, j’ai testé le mode multi que très peu de temps, mais la sauce prend plutôt pas mal. On sent que le gameplay est tourné vers le jeu en équipe et il y-a de quoi se faire sacrément plaisir avec une bande de potes motivés. Surtout sur le mode Horde 3.0 qui offre de nouvelles possibilités et intègre un système de classes pour les personnages. En clair, et pour résumer, même s’il n’atteint pas la puissance du premier Gears et la maestria du deuxième, Gears of War 4 reste un excellent épisode de la série. Et malgré ses problèmes de rythme avec un début d’aventure horriblement chiant et des personnages qui manquent cruellement de charisme, la mayonnaise finit par monter et on passe un très bon moment. Moment qui peut rapidement virer au délice si vous optez pour le jeu en coop qui s’avère toujours autant efficace.

Test de gears of War 4

Facebook Comments

Répondre

Merci de renseigner votre commentaire
Merci de renseigner votre nom