Deus Ex mankind divided

Sans ses combats de boss de merde, Deus Ex Mankind Divided ne fait pas que surclasser son aîné, il s’impose même comme l’un des tous meilleurs jeux de l’année.

J’y ai joué sur PS4

Human Revolution 1.5

C’était il y a plus de cinq ans. Deus Ex Human Revolution sortait lui aussi à la fin du mois d’août et j’y avais passé d’excellents moments. Du moins, si l’on met de côté les affrontements contre les boss qui étaient complètement à côté de la plaque comparé au reste. Tellement que je me souviens même avoir lâché le jeu à cause d’un boss bien tenace qui était presque impossible à battre sans certaines augmentations que je n’avais malheureusement pas. Et il aura fallu que j’attende deux ou trois mois pour que j’y revienne. Histoire de terminer ce que j’avais commencé. Car le jeu en vaut sacrément la peine et c’est cette dernière impression qui a fait que j’attendais Mankind Divided avec une très grande impatience. Une suite qui ressemble de près comme de loin à son prédécesseur.

Les mauvaises langues diront que Deus Ex Mankind Divided n’est en réalité qu’un Human Revolution 1.5. Ce qui n’est pas faux dans l’absolu puisque le jeu s’appuie sur les mêmes bases que son prédécesseur avec une histoire qui lui fait directement suite. Une certaine forme de timidité de la part des développeurs qui cache en réalité un jeu superbement réalisé et maîtrisé de bout en bout. À commencer par ces satanés boss qui n’ont pas disparu, mais qui laissent place à des affrontements nettement plus fins et en parfaite adéquation avec l’expérience dans sa globalité. Une finesse qui caractérise le jeu aussi bien dans son gameplay que dans son écriture et sa réalisation.  Surtout si vous avez la chance de jouer sur PC pour vous la péter avec vos captures en 21/9, parce que sur PS4, il n’y a pas de quoi sauter au plafond.

Test de Deus Ex Mankind Divided sur PS4

PS3, PS4, même combat

La réalisation graphique sur consoles est loin d’être catastrophique, mais ça sent quand même très fort la génération précédente. Hormis les personnages principaux et quelques intérieurs, la modélisation est hachée, ça pop de partout avec des retards d’affichage sur certaines textures et ça se permet même de ramer dans des endroits tout à fait quelconques. Comme si marcher en pleine rue à côté d’une voiture de flics faisait cracher ses tripes à une pauvre PS4 en pleine capacité de ses moyens.

A côté de ça, et tout comme dans Human Revolution, la direction artistique du jeu est tout simplement sublime. On reste dans du cyberpunk avec une utilisation de couleurs chaudes dont une importante prédominance de l’ocre qui illumine de jaune les contours de ma télé Ambilight. Et autant vous dire que ça rend sacrément bien. Pour le reste, le jeu nous balade à plusieurs endroits de la planète mais se concentre principalement sur Prague. Ville qui accueille la plus grosse concentration d’augmentés du monde et où c’est un véritable petit bonheur de s’y promener avec ses ruelles qui mêlent tradition et modernité avec beaucoup d’élégance.

Test de Deus Ex Mankind Divided sur PS4

Diviser pour mieux régner

Deus Ex Mankind Divided se déroule deux ans après les événements de Human Revolution. Adam Jensen ne bosse plus pour Sarif et s’est engagé auprès de la Task Force 29. Une unité d’élite d’Interpol qui lutte contre la prolifération de terroristes augmentés. Car après que tous les câblés de la planète aient pété leurs câbles deux ans plus tôt, les augmentés sont rejetés par les humains « normaux » et un sale climat règne sur le monde. Et c’est bien pour ça que Jensen bosse en sous-marin avec le collectif Mastodonte, qui n’est pas un groupe de Rap, pour tenter de faire la lumière sur une organisation secrète qui tire les ficelles en coulisses et qui compte bien profiter de tout ce chaos.

Que ça concerne la trame principale ou la ribambelle de missions annexes, le scénario de Deux Ex Mankind Divided brille par sa justesse et sa qualité d’écriture. Quoiqu’un peu confus par moments à cause du nombre assez ahurissant de protagonistes, le scénario est maitrisé de bout en bout et ferait passer n’importe quel jeu actuel un tant soit peu scénarisé pour une pub Ovomaltine. Mais là où Mankind Divided impressionne le plus, c’est dans la cohérence de son univers où malgré les quelques rebondissements qui viennent ponctuer le scénario, tout tient parfaitement debout. Aussi bien les éléments les plus importants qu’un vague email entre deux anonymes lus sur un PC posé sur le comptoir d’un magasin. Une cohérence qu’on retrouve également dans le gameplay du jeu qui ne triche jamais avec le joueur et qui lui laisse les clefs du van tout le long de l’aventure.

Test de Deus Ex Mankind Divided sur PS4

Gameplay à la carte

En qualité d’augmenté, Adam Jensen est une boîte à outils sur pattes capable de faire énormément de choses. Ça va du piratage à distance d’une caméra de sécurité à la possibilité de jeter des arcs électriques à un garde qui passerait par là. Bien évidemment, toutes ces augmentations sont customisable à la carte à l’aide de points d’expérience qu’on gagne tout au long du jeu. Et comme dans Human Revolution, le joueur décide de jouer comme bon lui semble sans aucune forme de contrainte. Soit en la jouant discrète en passant par des conduits d’aération ou soit en optant pour la manière forte à grands coups de plomb. Chacun voit donc midi à sa porte, mais c’est tout de même la voie de l’infiltration qui offre le plus de possibilités avec un level design qui chatouille la perfection. Et je ne dis pas ça pour flatter l’ego de l’un de level designer du jeu qui était avec moi en IUT…

L’infiltration reste tout de même moins jouissive que ce qu’on peut avoir dans MGS V, à mon sens, mais il est possible d’opérer tel un fantôme sans jamais se faire repérer et sans tuer personne. Boss y compris. Etant un gros fan d’infiltration, j’ai tout fait pour ne pas me faire repérer et me débarrasser des gardes sans leur trancher la jugulaire. Mais comme une mission se déroule toujours avec quelques accros, n’en déplaise à l’agence tout risques, j’ai dû sortir mon fusil à pompe une fois ou deux pour me débarrasser de quelques personnes assez gênantes. Et c’est justement là que Deus Ex Mankind Divided puise toute sa force. Dans la possibilité d’offrir une expérience de jeu radicalement différente d’un joueur à l’autre selon qu’il ait décidé ou non d’utiliser la force ; ou s’il s’est amusé à pénétrer dans l’appartement d’un magnat de la pègre pour y trouver quelques indices qui lui seront bien utiles plus tard. Chaque partie est différente et chaque expérience est unique. Alors si cette suite joue effectivement la carte de la sécurité en ne prenant pas trop de risques, elle propose une expérience de jeu taillé sur mesure et parfaitement adapté au style de chacun. Et ça, beaucoup s’y sont essayé et beaucoup s’y sont cassé les dents.

Test de Deus Ex Mankind Divided sur PS4

En conclusion je dirais que oui, Deus Ex Mankind Divided ressemble comme deux gouttes d’eau à son illustre prédécesseur. Mais avec les défauts en moins et beaucoup plus de maitrise. Dans son gameplay, son level-design et aussi son ambiance âpre et anxiogène qui colle un petit trop à l’actualité de ces derniers mois. Et s’il fallait retenir qu’un seul défaut, ça serait sans hésité sa technique un peu faiblarde sur consoles. Car si vous y jouez sur PC avec le matos qui va bien, c’est juste un pur régal pour les yeux. En clair, Deus Ex Mankind Divided est un jeu que je recommande de toute urgence si vous appréciez l’infiltration ou les jeux à univers bien immersif. Et j’irai même un peu plus loin en disant simplement qu’on tient là l’un des meilleurs jeux de l’année.

 

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