Test de Code Vein sur Xbox One

Conclusion

Fort d’une narration intéressante et bien ficelée, Code Vein parvient à susciter la curiosité et l’attention jusqu’à son dénouement, plus ou moins positif. Doté d’intéressantes idées de gameplay, le titre japonais peine pourtant à marquer les esprits en raison d’environnements peu créatifs, pas assez originaux et trop linéaires. Ajoutez à cela l’absence regrettable d’un vrai mode coopération et l’on obtient un titre qui, sans être mauvais, n’atteint pas la qualité attendue par rapport à ce qu’on attendait et par rapport aux jeux dont il s’inspire. « La veine, c'est le nom que l'on donne au talent des autres. »

Dévoilé en 2017 et initialement prévu pour 2018, Code Vein n’a finalement vu le jour qu’en septembre dernier. Sa recette ? Une grosse poignée de Dark Souls mélangée aux codes graphiques des animés japonais. Sur le papier, ça donne envie. Quid de la mise en bouche ?

J’y ai joué sur Xbox One X à partir d’une version fournie par l’éditeur

Liés par le sang

Jeu japonais oblige, Code Vein propose un scenario relativement dense. On incarne un personnage amnésique, que l’on créé de manière extrêmement complète avant de se lancer dans l’aventure, mis en scène dans un monde apocalyptique. Après le « Grand Effondrement », l’humanité et la terre ont été réduites en cendres. Les rares survivants effectuent alors des expérimentations et créent un parasite qui se greffe sur le cœur des cadavres humains, lesquels deviennent alors les « Revenants ». Cette immortalité, couplée à l’apparition de capacités surhumaines – les « dons » – a néanmoins un coût. Tous ces Revenants deviennent amnésiques et doivent consommer du sang pour ne pas devenir des « Disparus », des monstres qui étaient à l’origine des Revenants et qui, faute de s’être nourris de sang, ont totalement perdu leur humanité.

Notre objectif principal : trouver la Source des « Perles de sang », qui permettrait de rétablir un certain équilibre, et redonner la liberté aux Revenants, le tout en éradiquant les monstres et boss qui se dressent sur notre chemin. Le synopsis du jeu se développe aussi sur un autre axe, celui de la mémoire et du passé des protagonistes qui nous accompagnent. Le héros que l’on incarne est en effet doté de capacités spéciales, qui lui permettent d’absorber les Codes Sanguins de chacun, et ainsi obtenir des pouvoirs supplémentaires. Avec l’aide de Io, le premier PNJ rencontré, il est même possible de restaurer des vestiges, qui ne sont autres que les souvenirs oubliés de nos camarades. Il faut évidemment rechercher ces vestiges au sein des environnements explorés au fil de l’aventure. Ou comment renforcer un scenario déjà bien dense, qu’on appréhende presque sous forme d’un animé grâce au style graphique atypique et soigné.

test de code vein sur xbox one

Un action RPG Dark-souliste

Code Vein reprend ceux de Dark Souls (je parle des codes, quel jeu de mot de folie) et ne s’en cache absolument pas. On retrouve le système des âmes, ici sous forme de « nuées », que l’on génère en tuant des ennemis et qui servent de points d’xp. Ces derniers permettent d’améliorer soit le niveau de notre héros, soit d’améliorer ses armes, soit de renforcer ses codes sanguins. Ceux-ci déverrouillent des capacités, actives ou passives, plus ou moins indispensables au bon déroulement de la progression. Action-RPG oblige, on retrouve un arsenal assez complet composé d’armes à distance, à une main ou à deux mains, ainsi que des « voiles de sang » qui font office d’équipement et qui permettent d’absorber l’énergie vitale des ennemis. En farmant un peu les zones des « profondeurs », il est aisé d’améliorer cet arsenal et ainsi bâtir des builds assez intéressants. La diversité des Codes sanguins, elle aussi, permet de quelque peu diversifier les approches des donjons. Mieux vaut parfois privilégier les attaques à distance ou le support pour votre allié, plutôt que de foncer dans le tas comme un gros bourrin. De Dark Souls, Code Vein tente de reprendre également la difficulté. Celle-ci est assez progressive bien qu’inégale. Si avancer dans les niveaux ne s’avère pas forcément compliqué, vaincre les différents boss peut vite devenir une tâche ardue si vous n’êtes pas bien préparés. D’où l’importance d’étudier et d’optimiser au mieux ses capacités et armes, sous peine de rester bloquer un bon moment.

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C’est l’chemin qui compte, pas la fin qui prévaut

Le chemin est long, très long, jusqu’à la fin du périple ; pour un nombre assez conséquent de raisons, cela n’est pas forcément une bonne chose. Le principal défaut de Code Vein est le manque de renouvellement dans tout ce qu’il propose, environnements comme ennemis. Si l’on peut apprécier les boss fights et le challenge qui en découle, la redondance des lieux explorés tend à rendre le titre assez lassant. En termes de level-design, on est très loin de l’excellence. A l’exception de quelques donjons, comme celui de la cathédrale vers le début du jeu qui varie légèrement en faisant appel à la verticalité, on se retrouve constamment dans des niveaux labyrinthiques, peu inventifs, linéaires. La plupart d’entre eux mettent en scènes des paysages vus et revus, avec trop peu d’originalité : villes et cités en ruines, grottes, endroits désertiques…

De même, l’ambiance sonore du jeu est très inégale : si les cinématiques jouissent de doublages soignés (en japonais), la musique est pour sa part trop discrète, voire quasi absente même dans certains lieux. Dans le cas, rare, où vous bloqueriez dans une zone, ce silence sonore ne vous incitera certainement pas à vous acharner, bien au contraire. Ce level-design globalement en demi-teinte comporte d’ailleurs les incohérences classiques qu’on retrouve dans le jeu-vidéo. J’ai souri à plusieurs reprises, en étant bloqué face à un obstacle de 50 centimètres de haut ou lorsque, bien qu’étant dans une ville en ruines et dévastée de toute part, je trouve plusieurs échelles pour accéder aux niveaux supérieurs ou inférieurs. How convenient.

Ce genre de défauts se veut plus frustrant que véritablement gênant, mais demeure représentatif de l’absence d’inventivité sur le background et la profondeur des niveaux. C’est assez regrettable, d’autant que comme je le disais plus haut, Code Vein incite à effectuer des phases de recherches pour trouver des vestiges, sans quoi l’on passerait à côté de codes sanguins et l’on manquerait des pans entiers de l’histoire. Dommage que le manque de profondeur des niveaux rende ces phases pénibles à la longue.

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Le sang de la Vein

Code Vein m’a déçu dans sa conception du mode multijoueur. A l’instar d’un Monster Hunter ou de Dark Souls, il faut ici envoyer des signaux de détresse pour inviter un ami à rejoindre la partie. Et sitôt le boss terminé, ou lorsque l’un des deux meurt… Votre compère retourne automatiquement dans sa partie solo, sans même voir la cinématique qui suit. Impossible donc de véritablement partager l’expérience à deux, sûrement pour des soucis de cohérence scénaristique déjà, votre perso étant supposément le seul à disposer des caractéristiques particulières dont je parlais plus haut. Cela s’explique aussi par le fait que le titre reprenne exactement le fonctionnement de Dark Souls, sans réfléchir à ce qu’aurait pu apporter une coop bien rodée.

Code Vein n’incite clairement pas à jouer en duo, sauf si vous avez besoin d’aider / de vous faire aider par un ami en difficulté. Le jeu aurait pourtant gagné à proposer une vraie campagne en coopération, où les joueurs auraient pu exploiter toute la diversité du jeu en matière de compétences – via les codes sanguins – puisque certaines sont complémentaires. Au lieu de cela, on est contraint d’évoluer avec un allié plus ou moins utile en fonction de ses caractéristiques et équipements, que l’on ne peut même pas modifier. Pour couronner le tout, le titre de Bandai Namco souffre de chute de framerate sur certaines zones et de temps de chargement scandaleusement longs et injustifiés.

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