[TEST] Call of Duty: Modern Warfare (PS4)

Conclusion

Si on pourra toujours lui reprocher un certain classicisme, l’absence de véritable nouveauté et le manichéisme de son scenario, il est indéniable que Call of Duty opère un véritable retour en force avec Modenr Warfare. Plus beau que jamais avec son moteur flambant neuf, le jeu d’Infinty Ward nous propose un mode solo explosif, puissant et saisissant de réalisme tout en osant s’aventurer là où finalement très peu de jeux traitant de la guerre n’ont osé s’aventurer. Et après 5 ou 6 heures d’un roller-coaster qui ne vous laissera certainement pas de marbre, le mode multijoueur prend le relais avec un mode escarmouche grisant et des missions spéciales qui vous en feront baver. Je ne sais pas si les ventes seront au rendez-vous pour Activision, mais je n’aurais rien contre un Call of Duty comme celui-là chaque année.

Après un retour plutôt efficace sur les terres boueuses de la seconde guerre mondiale et un détour assez oubliable dans la grande mêlée des Battle Royale, la série Call of Duty nous revient cette année avec un reboot de Modern Warfare. De quoi faire revenir en force une franchise qui commençait doucement, mais sûrement, à tomber dans un inéluctable oubli.

On pourrait croire que c’était hier, mais les plus belles années d’Activision avec sa poule aux œufs d’or Call of Duty font maintenant partie du passé. Depuis, la série s’est égarée dans des conflits militaro futuristes sans saveur et après un petit retour aux sources de la Seconde Guerre mondiale plutôt encourageant il y a deux ans, la franchise a cédé aux sirènes du Battle Royale l’année dernière mettant de côté son traditionnel mode solo au passage. Une hérésie qui est fort heureusement réparée cette année dans le reboot de ce qui est sans aucun doute le meilleur épisode de la saga : Call of Duty 4 : Modern Warfare. Toute l’aura et la folie qui a pu exister autour de la série sont nées de cet épisode fondateur et ce n’est donc pas du tout étonnant qu’Activision et Infinity Ward l’aient choisi pour relancer une machine à moitié grippée. Mais si Call of Duty : Modern Warfare est un reboot, sachez que l’histoire n’est pas du tout la même, ce n’est pas une suite non plus, c’est plutôt un jeu qui reprend l’ADN de son illustre aïeul en s’appuyant sur des conflits actuels biens réels pour dépeindre une fiction explosive et réaliste. La série avait besoin d’un bon gros coup de fouet pour se relancer et elle y a eu droit !

Un solo froidement réaliste

Vous conviendrez que la guerre c’est de la merde ? Et bien Infinity Ward l’a bien compris et c’est sans conteste le message que le jeu véhicule le mieux. Entendez par là que le solo de Modern Warfare est sans compromis et montre des choses que la série n’a jamais véritablement osé montrer. Attendez-vous vous donc à quelques passages assez forts en émotion, marquants, déstabilisants et même troublants à vous en faire poser la manette juste pour réfléchir deux secondes à ce que vous venez de voir. Peut-être que je suis un peu trop fleur bleue, mais quand on est habitué à voir s’affronter deux ou trois factions sans véritable identité, la donne change radicalement lorsque on voit le sort de civils ou d’enfants qui n’ont rien demandé et qui se font gazer ou froidement exécuter pour s’être retrouvé au mauvais endroit ou tout simplement pour être née dans le mauvais pays. Pour autant, le jeu ne choque pas pour choquer et on n’est pas du tout dans le même contexte de gratuite de la séquence de l’aéroport dans Modern Warfare 2. Infinity Ward tente ici une nouvelle approche dans sa manière d’appréhender et raconter la guerre et je trouve ça vraiment intéressant même si c’est parfois maladroit.

Déjà-vu

Malheureusement, le scenario reste américano centré avec les mêmes gentils contre les mêmes méchants. Après un attentat-suicide et multiple en plein cœur de Londres et le vol d’un gaz chimique quelque part en Russie, l’équilibre mondial est une nouvelle fois fragilisé et la mission sera alors de tenter d’arranger les choses en Russie, Géorgie ou dans le pays fictif d’Urzikstan d’où tout a commencé. Comme le veut la tradition, on est amené à contrôler plusieurs personnages allant d’un agent de la CIA en pleine opération au moyen Orient au flic anglais qui s’improvise SAS après un carnage dans les rues de Piccadilly. Mais si la plupart des personnages manquent hélas d’un peu de relief, ce n’est pas le cas de tous les protagonistes dont une certaine Farah qui est de loin le personnage le plus intéressant et bien écrit du jeu. Sans parler de ce bon vieux Capitaine Price qui signe ici son grand retour et qui vous donne la banane aux lèvres au premier sourire et qui file même des frissons à l’évocation d’une certaine mission à Pripiat. Quant à la durée de vie, qu’une majorité jugera trop courte et qui tourne autour entre 5 et 6 heures, je la trouve personnellement presque idéale pour ce type d’aventure intense, explosive et remarquablement bien rythmée. Le tout étant porté par une réalisation maintenant à la hauteur de nos agissements.

Modern Warfare : un jeu incroyablement réaliste

Si en 2007 Call of Duty 4 pouvait se targuer d’être un modèle technique, ce qui n’était pas forcément vrai déjà à l’époque, la série a doucement glissé dans la caste des jeux loin d’être moche, mais qui n’ont rien de bien impressionnant. Mais cette année, Infinity Ward a inauguré un tout nouveau moteur et Modern Warfare en met plein les yeux. Bon, c’est encore en deçà d’un Frostbite Engine et ça n’a pas la finesse et la fluidité d’un Gears 5, qui reste le maître étalon du genre pour le moment, mais le jeu atteint un degré de réalisme inouï pour la série. Un résultat qui passe par la modélisation impeccable des personnages, des animations criantes de réalisme, des effets de particules à n’en plus finir ou encore une tonne de détail qui s’affiche à l’écran. Mention spéciale pour la gestion de la lumière d’une incroyable justesse qui vient éblouir certains plans ou renforce le sentiment d’oppression lorsqu’on on voit trois ou quatre rayons de soleil percer les volets ou les trous des murs d’une pièce obscure pleine de poussière. Sans parler des missions commando dans le noir complet où l’on doit débusquer des terroristes à l’aide de lunettes à vision nocturne. C’est tellement bien réalisé et mis en scène qu’on se croirait dans une scène du film Zero Dark Thirty. Bluffant ! Et au-delà de l’image qui fait le plus gros du boulot, la partie sonore n’est pas en reste. On sent qu’un gros travail a été fait avec des pétoires qui sonnent plus vraies que nature et des bruits d’effondrement ou encore des bottes de soldats qui écrasent la poussière du sol et qui nous plongent instantanément en plein cœur du conflit. Si l’on met de côté le fait que le jeu nous dépeint les horreurs de la guerre, il faut savoir que chaque plan est d’une incroyable beauté.

La simplicité au service de l’efficacité

Du côté du gameplay, Modern Warfare ne réinvente pas la roue et se contente de réutiliser les mécaniques historiques de la série et piocher quelques bonnes idées ici et là. Le jeu reste très arcade avec une prise en main immédiate et un plaisir de jeu qui en fait de même. Hormis une mission de sniper en plein désert où l’on doit prendre en compte la distance et la force du vent pour atteindre nos différentes cibles, le jeu reste très terre à terre avec des armes qui visent tout droit et qui font mouche en deux ou trois salves de balles. Il y a de quoi regretter un certain manque de visibilité lorsque ça pète de partout, l’IA a toujours une dent uniquement contre le joueur et certains objectifs manquent de clarté. Mais hormis ces quelques impairs qui peuvent tout de même faire grincer des dents, la formule fonctionne toujours aussi bien et Modern Warfare reste de loin la meilleure simulation de tir au pigeon. Comme dit un peu plus haut, le jeu brille par son rythme aussi bien dans l’intensité de ses situations que dans la variété des séquences de jeu. Ainsi, entre deux grosses batailles rangées ou la sécurisation d’un point donné, on peut être amené à diriger des drones kamikazes, à mettre en place des exfiltrations ou encore assister la fuite d’un otage à l’aide de caméras de sécurité. Et du côté des nouveautés, ne vous attendez pas à quelque chose de révolutionnaire hormis la possibilité de se mettre à couvert derrière un muret ou un angle de porte pour pouvoir arroser sans jouer aux montagnes russes. Le jeu joue donc la carte du classicisme, ne cherche jamais à réinventer la roue mais reste d’une efficacité assez redoutable. Et il en va de même pour sa partie multijoueur.

Zombie, c’est fini

Une fois le mode solo terminé et le générique de fin déroulé, on se fait magnifiquement teasé la suite des festivités à l’aide d’une cinématique plutôt bien fichue. Cette année le mode zombie prend des vacances pour laisser place aux missions spéciales qui signent ainsi leur grand retour. Une poignée de grosses missions que l’on peut faire à plusieurs et où il est possible d’attaquer en force ou se la jouer en mode infiltration. Par contre, l’IA s’adapte à notre façon de jouer et il suffit de se faire bêtement repérer pour que la foudre nous tombe sur la tête avec des vagues successives d’ennemis qui reviennent encore et encore sans jamais faiblir. Ce mode est loin d’être une partie de plaisir et laisse entrevoir de grands moments de camaraderie et de pétage de plomb. En parlant de ça, les joueurs PS4 pourront profiter d’un mode exclusif durant un an, le mode Survie, où il faut repousser des vagues successives d’ennemis en solo ou accompagnés de trois autres joueurs. Amusant, mais loin d’être passionnant, ce mode est du même acabit que le mode terrestre qui promet de grandes batailles épiques jusqu’à 64 joueurs mais qui peine à faire aussi bien que ce qu’on peut trouver dans un Battlefield. Ce qui n’est pas du tout le cas du mode escarmouche où l’on livre des batailles à 2 vs 2 dans de plus petites cartes et qui devient incroyablement addictif une fois qu’on a mis le doigt dedans. C’est un mode très intense et expéditif qui a le potentiel de briser les plus belles amitiés en une petite après-midi. Pour le reste, le mode multijoueur de Call of Duty : Modern Warfare propose toute la panoplie des modes classique avec des cartes variées et pour certaines très organiques où l’on peut débloquer des killstreaks pour demander le renfort d’un hélico ou autre après avoir aligné un certain nombre de joueurs. Aussi, les amateurs d’armes seront aux anges de pouvoir customiser tout leur atiraille au fil des niveaux gagnés et changer de setup à leur convenance pour varier les plaisir. Pour faire clair, que vous soyez un habitué ou non, vous risquez d’y passer pas mal de temps.

J’y ai joué sur PS4 Pro à partir d’une version fournie par l’éditeur

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Marko
Ici c'est chez moi. Alors je fais ce que jeu veux. Ça va sinon?

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