Test de Mirror's Edge Catalyst

Quand j’étais gamin, ma Bible intitulée « Nintendo, Le Magazine Officiel » guidait mes achats. Elle ne m’a quasiment jamais déçu tant les analyses s’avéraient pertinentes. Lorsque ce mag a disparu sous les méandres du label presse junior, l’excellent site JVN.com était là pour assurer la relève. C’est avec ses journalistes et sa formidable communauté que le jeune joueur que je suis a pu continuer d’acheter sereinement des jeux. Sur JVN les jugements étaient bons, très bons. Mais les temps ont changé. JVN et NLMO n’existent plus. Comme d’autres, je lis de moins en moins de critiques vidéoludiques. La manière dont Mirror’s Edge Catalyst s’est fait fracassé sur le Web compile toutes les raisons qui expliquent pourquoi.

« Monde fourre-tout »

 Cette expression caractérise le Web. Un monde riche en contenus mais où l’on trouve tout et n’importe quoi. Enfin, clairement, on y trouve surtout des conneries, à commencer par certains prétendus défauts trouvés par Gamekult. D’après eux, Catalyst présente un monde « fourre-tout ». J’ai lu l’intégralité de la critique puis ai joué au jeu une dizaine d’heures. Impossible de corroborer la version des faits. Question de subjectivité diront certains, je leur rétorquerai « plutôt de bonne foi ». Il suffit de prendre une once de recul et de ne pas être borné afin d’aborder ce Mirror’s Edge sous un angle quelque peu différent de ce que DICE nous a vendu. Catalyst dispose d’un faux monde ouvert. Alors certes, il est possible de se balader librement dans la ville de Glass, de s’adonner à des missions annexes, de faire ce qu’il nous plait en somme. « Mais c’est trop vide, c’est répétitif, y’a rien à faire, on s’ennuie à force ». D’accord, mais qu’attendez-vous d’un tel titre ? Le fondement de base de Mirror’s Edge est de retranscrire en jeu vidéo les sensations de la discipline du parkour me semble-t-il. Pas de proposer un monde ouvert gigantesque, doté de personnages secondaires incroyablement fouillés et un scénario digne de Christopher Nolan.

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La critique du premier opus, là encore sur Gamekult, m’avait fortement laissé perplexe. « Linéaire, répétitif, une progression par l’échec ». Soit les testeurs ne sont pas bien doués, soit DICE ne leur envoie plus les versions presses. Les deux hypothèses se posent encore à la lecture du test de Catalyst. De fait, le niveau d’exigence incompréhensiblement élevé dont ont fait preuve les journalistes (de Gamekult comme d’autres) m’agace. Après avoir craché sur le premier, ils attendent de sa suite non pas qu’elle soit exceptionnelle, mais qu’elle réponde à leurs attentes personnelles… Et c’est insupportable, affligeant de lire des affirmations totalement injustifiées. La pire d’entre elles étant indéniablement la sentence qui draine du clic, le magistral « Mirror’s Edge Catalyst est raté ».

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« You can’t live on the edge all your life, Faith. Sooner or later, you have to jump »

 Catalyst s’est fait attendre pendant presque 8 ans, ce qui peut aussi expliquer la volonté des joueurs d’avoir un titre exceptionnel, je le conçois. Or, Mirror’s Edge Catalyst n’est pas exceptionnel, c’est indéniable. En tant que gros fan de la licence, j’attendais forcément des nouveautés marquantes notamment en termes de mouvements, et ça n’est pas le cas. À la place, le titre propose un arbre de compétences qu’il convient de compléter en gagnant des points d’expérience : une nouveauté qui semble-t-il a déplu. Soyons francs : lorsque j’ai joué à la beta, je n’étais pas très enthousiaste non plus à l’idée de devoir attendre quelques temps avant de pouvoir réeffectuer l’intégralité des mouvements de Faith, qui m’avaient tant fait bander sur 360.  Sauf que finalement, le jeu parvient à justifier ce choix puisqu’il s’agit d’un préquel. Sors ton wikipédé : « Egalement appelé une préquelle, il s’agit d’une œuvre vidéoludique dont l’histoire précède celle d’une œuvre antérieurement créée ». Ca y’est, tu as compris. C’est frustrant mais normal que Faith développe progressivement ses compétences. Déjà, parce que la belle asiate sort de deux ans de tôle. Ensuite, parce que la Faith du Mirror’s Edge original n’est autre que l’aboutissement de celle que l’on incarne dans Catalyst.

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D’ailleurs, en parlant du Gameplay, j’ai cru lire sur un site déjà cité ci-dessus que le jeu n’est « pas précis ». Ceux d’entre vous qui connaissent le Marcus de Nolife me voient venir : le syndrome de la grosdoigtitude ! Cette maladie caractérise les joueurs aux gros doigts et qui, de manière régulière et incompréhensible, font régulièrement preuve de maladresse en jouant. Et qui, en cas de mauvaise foi, font porter le chapeau au level design. Pour ma part, je n’ai eu à déplorer aucun des mouvements de Faith. Oui, j’ai retrouvé des petits bugs déjà présents dans le premier opus, notamment lorsque Faith s’accroche un peu n’importe où, et effectivement ça déçoit. Mais j’ai surtout retrouvé une incroyable sensation de liberté, de fluidité, qui amène à un plaisir de jeu incomparable. Ce, même avec le grappin, accessoire tant décrié parce que tu comprends, la nouveauté c’est forcément mauvais. Sa soi-disant utilisation peu intuitive est en réalité extrêmement simple, et ne gêne en rien l’immersion ni même le « réalisme » de notre Faith. « Oui mais tu mens, regarde elle a des super pouvoir c’est ridicule. » J’ignorais que le fait de disjoncter des hélices et des caméras de surveillance via un brouilleur constituait un « super pouvoir ». Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Toujours est-il Catalyst propose des environnements plutôt variés, sur les toits comme sur la terre ferme. La direction artistique reste en ce sens aussi soignée que dans le premier, avec ici davantage de couleurs et d’effets lumineux pour un rendu fort appréciable.

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« Le critique se montre beaucoup moins soucieux d’éclairer l’opinion que de paraître intelligent »

 Ce coup de gueule survient à une époque où la confiance – en tous cas la mienne – envers les médias vidéoludiques est ébranlée. Je n’arrive plus à comprendre ce système de notations étrange, ce niveau d’exigence qui varie en fonction des licences, cette volonté constante de faire parler de soi en fracassant un jeu ou au contraire en l’adulant. Entendons-nous bien : Mirror’s Edge Catalyst n’est pas excellent. Il ne s’agit pas du jeu de l’année, et ne marquera probablement pas autant les esprits que son prédécesseur. La VF est franchement ratée – à quelques exceptions près, j’adore par exemple Donald Reignoux dans le doublage d’Icarus – et quelques rares bugs existent. Mais comment peut-on s’attarder sur la qualité graphique du titre, à une époque où de nombreux puristes viennent pleurer face à cette volonté de faire du beau pour faire du beau ? N’êtes-vous pas les premiers à vous plaindre lorsque la qualité graphique masque une coquille vide ? Cette obligation du beau me gonfle. En lisant l’encadré pécéiste du test Gamekult (je ne fais pas une fixette sur eux, mais leur test est alarmant), on croirait entendre un enfant gâté qui n’a pas eu son iPhone 6S premium + le jour de sa sortie. Pour te donner une idée, le rendu graphique est comparé à une visite chez l’ophtalmo…

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2 Commentaires

  1. Perso j’ai testé la bêta et ça avait suffit à me refroidir. Entre les combats partant d’un système sympathique mais pas fou puis la map ouverte ( chose que j’attendais beaucoup ) te limitant à un quartier ( bêta je rappelle ) bien trop petit et avec de vrais faux choix de chemins, je suis ressorti de là extrêmement dubitatif. Quand en plus j’ai vu les tests confirmer mes impressions j’ai direct compris que le jeu ne serait pas à moi dans l’immédiat. Je précise aussi que j’osef royalement des graphismes. Mais pour revenir au sujet de la critique des tests je te trouve bien sévère, de mon point de vue, sachant qu’ils reflètent mon expérience de la betâ. Comme tous les goûts sont dans la nature, peut-être que le vrai problème n’est pas forcément dans le cas présent les critiques mais une simple différence de ressenti, de goût ou de point de vue. D’où l’intérêt de ne pas s’arrêter au premier test lu pour trouver celui qui nous correspond le mieux.

    Si ça ce n’est pas du pavé^^

  2. Du pavé césar <3 Sinon, en fait, faut complètement zaper cet histoire de mon ouvert. c'est mal fait et mal pensé. Le truc, c'est que si tu vas de missions en missions sans te prendre la tête, bah ça répond parfaitement à ce que doit être un Mirror's Edge. Du parkour à la cool.

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