J’ai toujours trouvé les jeux qui font peur légèrement surfait. Voir presque ridicule. Et pourtant, avec ses ficelles aussi épaisses qu’une saucisse de Moretau, Until Dawn a réussi à me faire sursauter. Le salaud.

Until DawnIl y a deux types de personnes sur terre. Celles qui ont une hygiène de vie irréprochable et qui regardent des deux côtés de la route avant de traverser et il y a les autres. Ceux qui partent en week-end dans un gigantesque chalet sans électricité perdu au beau milieu de la montagne un an après qu’un terrible évènement s’y soit passé. Comme dans tout bon slasher qui se respecte, Until Dawn met en scène une bande de potes dans le vent nettement plus intéressés par les beuveries, le sexe et les bonnes blagues bien potaches plutôt qu’à un quelconque concept de sécurité. Il n’y a donc rien d’anormal à voir ce week-end de rêve partir en vrille avec tout ce joli petit monde en proie à un dangereux psychopathe amateur d’hémoglobine et de machette rouillée. La merde, quand on la cherche, bah on finit par la trouver.

David Cage présente…

Until DawnInitialement prévu sur PS3 avec une comptabilité au PS Move, Until Dawn a doucement glissé sur PS4 prenant la forme d’un jeu à la croisée entre les productions Quantic Dream et Teltale. Les inspirations «cagiennes» se sont font ressentir dans tous les compartiments de jeu et les amateurs de gameplay exigeant seront certainement ravis d’apprendre qu’Until Dawn n’est absolument pas fait pour eux. Pour la faire simple, le gameplay se résume principalement à explorer des zones à la recherche d’indices ou différents items, à réaliser quelques QTE assez nerveux par moments où faire des choix qui auront une incidence directe sur l’histoire et la suite des évènements. Mais contrairement aux jeux de David Cage qui ont toujours eu du mal à assumer leur originalité, Until Dawn joue la carte de la décomplexions totale avec une aventure qui prend la forme d’un thriller interactif terriblement efficace et qui ne s’encombre pas de mécaniques de jeu superflues. Malheureusement, le jeu souffre de quelques petits défauts qui plombent un peu l’immersion. Comme des contrôles lourds et imprécis, une lenteur parfois exaspérante des personnages ou encore cette satané manie, héritée des jeux Quantic Dream, où la moindre petite action comme l’ouverture d’une porte est décomposée par un enchainement de touche. C’est agaçant, parfois même très irritant, mais rien de suffisamment méchant pour venir perturber une expérience qui fonctionne remarquablement bien et dans laquelle on se prend au jeu très rapidement. Un joli tour de force rendu possible à l’aide d’une écriture soignée, une ambiance aux petits oignons et une réalisation très loin d’être dégueulasse.

Welcome to the Uncanny Valley

Until DawnSans être bouleversant, Until Dawn est un jeu que je qualifierais de très beau. Certaines zones, notamment les extérieurs, sont bluffants de réalisme, la neige avec les traces de pas qui se dessinent derrière les persos est superbement réalisée et je ne vous parle pas de la gestion de la lumière particulièrement efficace qui donne, parfois, un cachet photoréaliste. La seule ombre au tableau étant certains intérieurs, modélisés à la vas-vite et plaqués de textures brouillonnes, qui dénotent avec le reste. Quant aux personnages, ils ont eu le droit à un véritable travail d’orfèvre aussi bien dans l’animation que dans la modélisation et on reconnaît au premier coup d’œil les différents acteurs qui ont prêté leur visage et leur voix. Les plus observateurs reconnaitront ainsi la jolie Hayden Panettiere (Heroes), le charismatique Peter Stormare (8mn, Fargo) ou le très talentueux Rami Malek que de nombreux pirates ont récemment vu dans l’excellente série Mr Robot. Malheureusement, avec un tel degré de réalisme,  le jeu plonge des deux pieds dans ce qu’on appelle l’Uncanny Valley. Vous savez, cette notion qui dit que plus on se rapproche de la réalité, plus les défauts sont flagrants et sautent aux yeux. Ici, on est en plein dedans et dès qu’un personnage ouvre la bouche pour parler, on sent comme un très léger malaise, comme si quelque chose ne collait pas. Mais qu’importe, c’est jolie, très bien fait et toute la partie sonore est du même acabit. La VO est excellente, la VF très honorable et la bande son pose une ambiance du feu de dieu propice aux bons gros coups de flippe. Surtout si l’on joue dans le noir avec le bon casque sur les oreilles. Testé et approuvé.

Les fées papillon

Until DawnUntil Dawn n’est pas qu’un simple film interactif qu’on traverse d’une seule traite avec un début et une fin. Selon nos choix, nos actions mais aussi nos échecs, le déroulement du scenario peut changer du tout au tout. C’est ce qu’on appelle ici le l’effet papillon. Vous savez, le délire comme quoi un pet de papillon en Chine peut provoquer une chute de météorite au Groenland 6 mois plus tard. Ou un truc dans le genre, mais là je digresse. Ce qui est intéressant avec Until Dawn, c’est que le jeu nous informe dès qu’un embranchement scénaristique vient d’être créé à l’aide d’un petit papillon qui s’affiche à l’écran. Si bien qu’on ressent tout le poids d’une décision, la plus minime qui soit, et on s’imagine recommencer le jeu dans la foulée pour voir ce qu’il se passerait en faisant des choix différents. Car s’il est possible de finir le jeu avec les 8 personnages sains et saufs, il est également possible de le finir sans une âme qui vive. De quoi offrir une assez forte rejouabilite à un titre qui se termine entre 6 et 7 heures. Mais le plus beau dans tout ça reste que peu importe les choix qui sont faits, le scénario tient parfaitement la route et reste cohérent du début à la fin. Chose que David Cage et Quantic Dream n’ont jamais vraiment réussi à faire avec Heavy Rain et Beyond Two Souls qui utilisaient un système d’embranchement pourtant moins complexe. En fait, Until Dawn pourrait faire un excellent slasher au cinéma. Et c’est certainement l’un des plus beaux compliments qu’on peut lui faire.

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note_4Flippant
Avec son gameplay minimaliste et son orientation cinématographique totalement assumés, Until Dawn fait du Quantic Dream, mais en nettement mieux ! C’est-à-dire sans prise de tête et sans émotion dégoulinante de mièvreries. Il faut dire que le slasher est un genre qui fonctionne à merveille avec ce type de jeu et Until Dawn nous pose ici une ambiance délicieusement glauque avec un scénario captivant et bourré de bonnes surprises. Il y a bien quelques petits défauts de jouabilité qui font redescendre le soufflé par moments, mais que ce soit entre potes ou en solo dans le noir et avec un casque vissé sur les oreilles, l’expérience est assez savoureuse, voir complètement folle si vous êtes du genre à sursauter dès qu’une porte claque. Et avec sa forte rejouabilité due aux nombreux embranchements de l’histoire, il y a clairement de quoi craquer. Même plein pot.

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1 commentaire

  1. Effectivement mon ptit Marco, je pense que ce jeu à bluffer tout le monde et qu’on s’attendait pas à çe que ce jeu soit aussi bon, car pour un qte fallait que ça tienne la route et comme tu dis faut pas s’attendre à un jeu où tu tire dans tous les sens. Moi personnellement je trouve que l’histoire est très bonne et c’est peut être la plus du jeu qui fait qu’on s’ennuie pas. Dommage qu’il soit si court en temps de jeu

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