Test de Rise of The Tomb Raider

Apres avoir bravé les pires sévices dans une ile tout sauf paradisiaque, la jeune Lara Croft est de retour dans une aventure explosive, mais peut-être un poil trop timide. Allez, je vous raconte tout.

C’est qui moise?

Test de Rise of The Tomb RaiderJe ne sais pas pour vous, mais Lara m’avait sacrément manqué. Je vous laisse donc imaginer ma joie de la retrouver en pleine tempête de neige avec sa jolie doudoune et sa petite bouille toute grelotante qui n’a presque pas changée d’un iota. Et si je dis presque, c’est parce que depuis ses dernières péripéties où elle a perdu son statut d’innocente archéologue pour celui de jeune aventurière, la jeune britannique a acquis une certaine forme d’expérience. En même temps, quand on écharpe une pauvre biche pour se nourrir et qu’on extermine presque toute la population locale d’une île tout ce qu’il y a de plus anxiogène, il y a de quoi prendre un peu d’assurance. Une forme de maturité qu’on retrouve d’abord sur son visage avec des traits plus marqués et un regard qui a perdu toute forme d’innocence, mais surtout dans sa folle détermination à laver l’honneur de son père en partant sur les traces d’un mystérieux prophète et sa source de vie. Lara n’est malheureusement pas la seule sur la piste et elle devra se coltiner les trinitaires, une organisation secrète pas très regardante sur la condition humaine qui est à la recherche de cette fameuse source depuis la nuit des temps. Sans être renversant, le scénario de Rise of The Tomb Raider reste bien plus intéressant que celui du reboot de 2013 qui ne se contentait finalement que de nous en mettre plein la gueule avec la montée en puissance de Lara comme fil directeur. Il y a tout de même de quoi regretter l’absence d’un véritable bad guy bien charismatique, l’histoire est même un poil trop téléphoné, mais on sent comme une bonne odeur d’Indiana Jones avec une aventure parfaitement rythmé qui nous fait voyager de Syrie jusqu’en Sibérie pour un dépaysement totale. Le genre de contexte qui fait qu’on garde la manette en main sans se rendre compte du temps qui passe.

L’élégance à l’anglaise

Test de Rise of The Tomb RaiderJe ne sais pas trop ce que vaut le remaster de Tomb Raider, mais la version de base du jeu était sacrément jolie et techniquement très aboutie . Rise of The Tomb Raider suit le même degré d’exigence et en met, excusez – moi du terme, littéralement plein la gueule. J’imagine que la Xbox One a encore de très jolies choses à nous montrer à l’avenir, mais Crystal Dynamics semble avoir tirer tout le potentiel de la bête. Et ils l’ont poussé tellement loin qu’il arrive que le framerate en prenne un petit coup. De rares baisses de régime qui peuvent facilement se comprendre face aux innombrables détails qui fourmillent à l’écran. Que ce soit des lambeaux de tissus qui flottent au vent, des planches de bois qui cèdent sous le poids de la neige ou des dizaines de scarabées qui se trimballent sur les parois d’une grotte, on sent que les développeurs ont pris un soin fou de leur bébé à chaque nouveau plan qu’on découvre. Il n’y a jamais rien de grossier et la finesse des textures apportent du relief et un piqué à l’image loin d’être dégueulasse. Mais là où le jeu impressionne le plus, c’est dans ses somptueux panoramas qu’on se prend régulièrement en pleine face. De quoi profiter da la folle profondeur de champ et des très jolies effets de lumières qui viennent balayer l’écran pendent qu’on crapahute dans la toundra Sibérienne. Je pourrais aussi vous parler de la beauté des temples et autres ruines qu’on arpente tout au long du jeu, mais je n’ai pas spécialement envie de vous gâcher le plaisir de la découverte. Enfin, je tenais aussi à vous parler du très gros travail sur les animations. Il n’y a jamais rien qui tâche et Lara bouge avec tellement d’aisance et de grâce qu’on se croirait devant une gymnaste en pleine représentation. On a même le droit à une petite retouche capillaire à chaque fois qu’elle sort de l’eau. Parce que quitte à flirter avec la mort à l’autre bout du monde,  autant le faire avec classe et élégance.

Une histoire de dosage

Test de Rise of The Tomb RaiderLa plus grosse critique que les joueurs ont pu faire du reboot de Tomb Raider était l’abandon des traditions pointues de la série pour une orientation nettement plus “unchartidienne” où l’action prend le pas sur le reste. Alors si vous espériez un petit retour aux sources avec cette suite, vous risquez d’être un poil déçu. Rise of The Tomb Raider reprend la même recette que son prédécesseur et nous prend par la main tout au long de l’aventure en alternant les phases d’action, de grimpette et d’exploration. Pour autant, Crystal Dynamics a revu sa copie et a baissé le curseur de l’action pour mettre un peu plus l’accent sur l’exploration. On passe ainsi la plupart de son temps à jouer les équilibristes au dessus du vide, à se rattraper in-extremis à différents types de parois à l’aide d’un piolet et à explorer de larges zones pour faire le plein de munitions ou autres collectibles (Reliques, documents secrets etc.) et s’adonner aux plaisirs de la chasse. Et histoire d’être sur de ne rien manquer, le mode instinct est de retour et permet de mettre en surbrillance l’intégralité des éléments avec lesquels ont peu interagir. Un mode un poil trop craqué à mon gout qui peut tout de même être désactivé si l’on souhaite fouiller les moindres recoins de la carte à l’ancienne. On note aussi le retour des tombeaux secrets qui sont ici nettement plus nombreux et élaborés que dans le dernier épisode. Et même s’il n’y a pas de quoi se faire des nœuds au cerveau, la plupart de ces niveaux demandent un minimum de réflexion et un certain doigté pour en venir à bout et récolter la petite récompense qui prend généralement la forme d’une nouvelle aptitude pour Lara. Totalement optionnels, ces tombeaux permettent surtout de se rafraichir l’esprit et d’admirer quelques pépites architecturales comme un galion emprisonné dans la glace ou encore une somptueuse citée submergée par les eaux. Entendez par là que passer à côté de ce genre de petit bonus serait une terrible erreur de votre part. Du côté des nouveautés, Rise of The Tomb Raider prend de faux airs de RPG en intégrant un système de quêtes annexes et de challenges. Ainsi, il n’est pas rare de tomber sur des PNJ qui nous confie différents types de tâches comme aller sécuriser une grotte en étripant tous les loups qui s’y trouvent ou encore d’exploser tous les relais radios de ces vilains trinitaires. Quant aux challenges, ce sont surtout des défis relatifs aux endroits où l’on se trouve et qui consistent par exemple à dénicher toutes les grottes d’une zone ou détruire tous les clochers d’un village. Pas spécialement intéressantes à faire, ces différentes quêtes sont surtout un excellent moyen de faire le plein d’XP pour faire évoluer Lara dans les feux de camp qui permettent aussi d’améliorer ses armes et faire des voyages rapides. Mais là, rien de vraiment nouveau sous le soleil.

whaou effect

Test de Rise of The Tomb RaiderDepuis ses dernières vacances au large du Yamatai, Lara est devenue une véritable machine qui n’éprouve pas spécialement de remords à planter sa lame dans la nuque d’un malandrin qui passerait par là. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir que Rise of The Tomb Raider nous propose de gros passages bien bourrins où l’on se fait souvent encercler par différents types d’assaillants armés jusqu’aux dents. Et si on commence l’aventure avec un simple piolet, qui reste aussi bien efficace pour la grimpette que pour le fracassage de crâne, on finit rapidement par trouver d’autres types d’armes comme un arc, un fusil mitrailleur ou encore ce bon vieux fusil à pompe particulièrement efficace pour se débarrasser de la vermine. Pourtant, s’il n’est jamais très difficile de se sortir du pétrin en utilisant la méthode forte, le jeu nous donne suffisamment d’outils pour privilégier la discrétion. Dès qu’un ennemi est à proximité, un petit son se fait entendre et Lara passe en position accroupie histoire de se mettre à l’abris derrière une souche d’arbre ou dans un buisson. Positions depuis lesquels il est très simple de se débarrasser des ennemis pas vraiment futé qui se font avoir par la plus grossière des diversions et qui ne remarquent jamais qu’un de leur collègue vient de disparaitre. L’infiltration reste donc le meilleur moyen d’évoluer sans trop se fatiguer surtout que le mode instinct indique à l’aide d’un halo de couleur si un ennemi est isolé ou non. Mais l’action de Rise of The Tomb Raider ne se résume pas seulement à l’usage de la force et on a le droit à de très nombreux passages épiques où l’on se retrouve à dévaler une pente à toute berzingue en direction d’un précipice ou à fuir une pluie de flèche enflammées avec tout qui s’effondre autour de nous. Des passages déjà-vu et ultra scriptés, mais qui fonctionnent toujours autant manette en main. Surtout quand le jeu à l’intelligence de ne pas en abuser et de nous les balancer au bon moment pour dynamiser le rythme de l’aventure. Car hormis la séquence de fin qui traine beaucoup trop en longueur à mon gout, Rise of The Tomb Raider propose un rythme particulièrement bien maitrisé où l’on ne s’ennui jamais.

Un petit manque d’identité

Test de Rise of The Tomb RaiderA ce stade de mes impressions, j’ose espérer que vous avez compris que Rise of The Tomb Raider est un très bon jeu et qu’il surpasse sans problème son ainé. Pourtant, je trouve que le jeu de Crystal Dynamics manque un peu d’identité. La formule est bonne, l’équilibre est même pas loin d’être parfait, mais on a du mal à identifier la patte Tomb Raider. On sait que Naughty Dog s’est largement inspiré de Tomb Raider pour créer Uncharted, tout comme Crystal Dynamics n’a jamais caché le fait de s’être inspiré du studio californien pour son reboot. Un juste retour des choses entre deux licences pour le moins emblématiques. Et si cette inspiration se sentait clairement dans le Tomb Raider de 2013, je trouve l’hommage parfois presque gênant dans cette suite. Comment ne pas penser à Uncharted quand le jeu démarre sur une ascension au beau milieu d’un décor enneigé, comment ne pas penser à Uncharted quand on se fait attaquer par un hélicoptère alors qu’on est dans un train et comment ne vraiment pas penser à Uncharted quand Lara balance un “No, no, no, no” avant de se prendre une gamelle? Je veux bien qu’on s’inspire d’un style, mais pas qu’on en vienne à s’approprier certaines scènes de sa source d’inspiration. Même si on reste bien loin d’un mauvais plagiat. De plus, Rise of The Tomb Raider propose des nouveautés un peu trop maigres en plus de trop jouer la carte de la sécurité pour vraiment marquer une césure avec son prédécesseur. Et l’impression de se retrouver face à un Tomb Raider 1.5 en est fatalement présente. Mais qu’on reste d’accord, Rise of The Tomb Raider reste un putain de bon jeu avec une réalisation du feu de dieu, une très chouette histoire et une prise en main on ne peut plus agréable. En somme, une exclusivité de poids pour cette coquine de Xbox One qui collectionne les bons jeux en cette fin d’année.

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note_5 Succulent
Hormis l’absence de grosses nouveautés et cette petite sensation de se retrouver face à un Tomb Raider 1.5, j’ai vraiment du mal à trouver ce qu’on pourrait reprocher à Rise of The Tomb Raider. Crystal Dynamics a enfin trouvé le compromis parfait entre l’action et l’exploration et nous propose une aventure savoureuse d’une bonne douzaine d’heures où l’on ne s’ennui jamais. Et afin d’allier l’utile à l’agréable, le jeu enchaine les uppercut avec une réalisation flamboyante et une direction artistique tout simplement somptueuse. En clair, une exclusivité de premier choix pour la Xbox One. Même si elle sera de courte durée.

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