test de Need for speed sur PS4

Ils ne l’ont sans doute pas fait exprès, mais avec Need For Speed, EA et Ghost ont réalisé l’inimaginable : Dégoûter les joueurs de cet objet diabolique qu’est le téléphone portable. Sauf qu’ils l’ont aussi fait avec une licence qui a fait rêver toute une génération de joueurs. Et ça,  c’est plutôt triste.

Désillusion

test de Need for speed sur PS4Il faut donner sa chance au produit. Voilà ce que je me disais presque tous les soirs en jouant à Need For Speed. J’ai vraiment essayé de lui donner sa chance, de faire la petite course de plus qui me ferait changer d’avis, mais rien n’y fait. Le jeu de Ghost Games est un monumental gâchis bourré de défauts en tous genres. Commençons par la conduite très arcade qui reste somme toute plutôt agréable à prendre en main, mais qui est gâchée par les styles de conduite Grip et Drift qu’on adopte en faisant quelques réglages à sa caisse. Bien dosées, il y a de quoi se faire plaisir, mais les voitures deviennent rapidement incontrôlables lorsqu’on pousse le curseur de ces styles à leur maximum avec de vraies savonnettes d’un côté et des tanks incapables de virer de l’autre. Au lieu de demander au joueur de passer par le garage pour régler son bousin avant un type d’épreuve en particulier, il aurait été nettement plus judicieux de jouer sur les particularités des nombreuses voitures disponibles. Comme ça, chacun aurait sa caisse pour enquiller les drifts sur les hauteurs de la ville avant de sauter dans sa japonaise pour taper des pointes sur l’autoroute. Mais les développeurs ont certainement dut penser que c’était bien plus funky de nous faire perdre notre temps à jouer les mécaniciens en herbe dans un maudit garage qui ne peut accueillir que 5 malheureuses voitures! Un comble pour une licence qui a toujours fait l’ode aux belles bagnoles. Du côté des épreuves, on a le droit à ce qu’il se fait de plus banale pour un jeu de caisse. On enchaine différents types de courses aux quatre coins de la ville allant du contre-la-montre jusqu’aux séances de drift en passant par des records de vitesse. Et malgré une récente mise à jour, le jeu reste relativement simple et on finit par tourner en rond très rapidement. Surtout que la ville est désespérément vide et qu’il n’y a rien à y faire hormis conduire seul dans la nuit en espérant croiser une voiture de flics pour mettre un peu de piment. Mais là aussi, Need for Speed se la joue petit bras et il faut être vraiment très mauvais pour se faire coffrer par des flics qui ont du mal à dépasser les 30 km/h. Si bien qu’il est plus difficile de faire durer une poursuite plutôt que de s’enfuir. Navrant.

Coquille vide

test de Need for speed sur PS4Au-delà des quelques soucis liés à la conduite, de la pauvreté des épreuves et de la nullité sans nom des forces de l’ordre, la pire infamie de Need For Speed reste ce putain de téléphone portable qui vous rendra complètement dingue au bout de quelques heures de jeu. On se fait contacter presque toutes les 30 secondes (véridique) pour nous proposer une nouvelle épreuve ou nous donner rendez-vous à un endroit précis pour faire avancer le scénario. Hé oui, de la même manière que dans Need For Speed : The Run, ce nouvel épisode propose une trame scénaristique pour le moins très moyenne (ho bordel que je suis gentil là) et où la seule originalité est de proposer des cinématiques live avec de vrais acteurs qui surjouent la moindre syllabe qui sort de leurs bouches. Mais pour en revenir à cette saleté de téléphone, sans vouloir faire de fixette sur le sujet, le système est tellement mal foutue qu’un PNJ peut très bien nous contacter pour nous proposer une petite balade OKLM parce qu’il s’ennuie alors qu’on est justement en pleine course avec lui….Et des erreurs de ce genre, le jeu en propose un paquet. Je pourrais vous parler des écrans d’aide qui s’affichent à l’écran alors qu’on est en pleine course, la gestion calamiteuse des chargements, l’impossibilité de faire pause, la connexion à internet obligatoire ou encore cette IA dite “élastique” qui se laisse distancer au moindre petit coup d’accélérateur, mais qui est capable de vous rattraper en moins de deux secondes s’il le faut. Bref, Need For Speed m’a lessivé et vous comprendrez que je n’ai pas envie d’y passer plus de temps. Mais comme je suis quelqu’un de plutôt gentil, j’avais envie de terminer sur une bonne note et vous parler de l’esthétique du jeu. Car il aura beau avoir tous les pires défauts du monde, Need For Speed reste d’une insolente beauté. Il n’y a pas la moindre petite trace d’aliasing qui viendrait saloper l’image, les voitures sont modélisées avec maestria, la gestion de la lumière est aux petits oignions  et les effets de reflet sur le sol donnent au jeu un aspect photoréaliste assez bluffant. Le tout étant cadencé à un framerate de 30 fps qui n’est jamais pris à défaut. Bon, les chipoteurs diront que c’est toujours plus facile d’en mettre plein la vue en plongeant le jeu dans la nuit noire et en calant une dizaine de voitures dans une ville pas si grande que ça, mais Need For Speed a le mérite d’offrir une expérience plus que confortable de ce point de vue. Tellement qu’on en vient à pester contre EA et Ghost pour avoir pondu un tel épisode. Malgré quelques déroutes, Need For Speed a toujours été une licence forte, mais EA est en train de la tuer à petit feu. Jusqu’au jour où il sera malheureusement trop tard.

[box type=”shadow” align=”” class=”” width=”500″]

note_2Quelle déception !
J’aurais aimé faire preuve de bonté et coller au jeu un petit trois étoiles, mais je ne pouvais pas faire ça à l’une de mes plus grosses déceptions de l’année. Need For Speed a beau être magnifique, il chatouille même parfois le photoréalisme, mais il enquille des défauts tous plus gros les uns que les autres. A commencer par une conduite arcade le cul entre deux chaises avec son système de grip et drift presque injouable quand on cale le curseur dans les extrêmes, des épreuves pas spécialement folichonnes, un scénario que je qualifierais pudiquement de gênant et une farandole de mauvaises idées de game design. Comme cette satané de connexion à internet obligatoire, le téléphone portable qui n’arrête jamais de sonner ou encore ces aides qui s’affichent en surimpression alors qu’on est en pleine course. Sincèrement, si EA ne souhaite pas que sa licence ne finisse au fond d’une décharge, il va vraiment falloir de sortir les doigts. Car hormis la baffe graphique et ce petit sourire qu’on peut avoir sur les deux trois premières courses, il n’y a rien de vraiment intéressant à tirer de ce nouveau Need For speed. Sauf peut-être quelques aigreurs d’estomac. A moins que ce soit le café…..

[/box]

Répondre

Merci de renseigner votre commentaire
Merci de renseigner votre nom