Cette année, je me suis enfin décidé à me (re)mettre au basket virtuel. Sachant que ma dernière aventure avec la série 2K remonte à plus de quatre ans, autant vous dire que NBA 2K15 m’a collé un uppercut magistral en pleine face. Mais avant de gouter aux plaisirs du parquet qui couine, j’y ai tout de même laissé quelques larmes, car le jeu a beau être exceptionnel, il manque cruellement de pédagogie.

« Comment ça défonce ! » C’est peu ou prou ce que la petite voix dans ma tête a hurlé lorsque j’ai posé les yeux sur NBA 2K15. En même temps, à moins d’avoir de la merde dans les yeux ou la photo de Gilbert Montagné collée sur son permis de conduire, on est obligé de se mettre à genoux face à la beauté du jeu de Visual Concepts. Les couleurs explosent à l’écran, tout est soigneusement modélisé, c’est bourré de détails et ça se permet même de bouger avec une fluidité démoniaque. Alors, quand l’équipe marketing nous balance que le jeu propose 6000 nouvelles animations, on a envie de les croire sur parole et leur donner le bon dieu sans confession. Si bien que la célébrissime expression « On se croirait devant la télé » prend ici tout son sens et on se surprend les yeux brillants à voir les joueurs se battre comme des chiffonniers sous le panier ou plonger pour sauver in-extremis un ballon de la touche. Et je ne vous parle même pas de la sueur qui dégouline sur le corps des joueurs ou des maillots qui bougent en totale indépendance du reste. Tout simplement bluffant. Hélas, lorsqu’on atteint ce degré de réalisme, n’importe quel défaut se voit comme un sextoy géant au beau milieu de la place Vendôme. De ce côté-là, NBA 2K15 ne déroge pas à la règle et on se farcit de vilaines traces d’aliasing ici et là ainsi que quelques soucis dans certains enchainements d’animations. Rien de rédhibitoire, loin de là même, mais suffisamment « gênant » pour nous faire redescendre de notre petit nuage. Du moins, pas pour très longtemps puisque le jeu nous propulse régulièrement dans les étoiles à l’aide d’une ambiance à vous filer la chair de poule, faisant passer n’importe quel match de FIFA pour une veillée funèbre. Une folle ambiance qui m’a tout bonnement transportée lors de mon premier match de saison contre les Spurs. En toute fin de partie, alors que j’avais été dominé de 10 points deux quarts temps plus tôt, j’ai réussi à renverser la vapeur et remporter la rencontre sous les cris du public qui hurlait à chacun de mes paniers. Un moment magique que NBA 2K15 parvient à distiller avec une insolente facilité.

NBA 2K15

Soyons clair, NBA 2K15 n’est pas qu’un jeu à la technique flamboyante, c’est aussi, et surtout, une simulation de basket pointue avec un gameplay incroyablement riche. Que l’on soit un vieux de la vielle ou un jeune rookie qui n’a pas encore usé la semelle de ses baskets, on y trouve forcément son compte à l’aide d’un panel de paramétrage très complet. Pour faire clair, les débutants peuvent laisser la main à l’ordinateur pour tout ce qui est gestion de la défense, du coaching ou encore des temps morts alors que le joueur expérimenté peut prendre son pied à jouer en full manuel pour une expérience de jeu sur mesure. Au-delà de la tactique, les sensations de jeu sont diablement bonnes et on prend énormément de plaisir à faire circuler le ballon, plonger dans la raquette pour tenter un dunk , mettre un 3 points sur le buzzer ou encore faire un contre jordanesque juste au-dessus du panier. Grisant. Mais avant d’en arriver là, le jeu peut se montrer terriblement frustrant, notamment pour les débutants. NBA 2K15 n’est pas un jeu d’arcade où on enchaîne les paniers comme la Dream Team de 92 face à l’Angola. On butte souvent contre l’adversaire en attaque, on perd la balle en cas de mauvaise passe et on se fait trucider sans un minimum de rigueur en défense. Les premières parties peuvent virer au cauchemar pour les moins dégourdis et ne comptez sur le jeu pour vous prendre par la main. Il existe bien une section d’entraînement, mais hormis un terrain vide où l’on peut s’exercer et quelques vidéos dévoilant les dernières nouveautés, ça manque cruellement de didacticiels pour découvrir et surtout appréhender les bases. Le jeu nous jette dans la cage aux lions sans même un préavis et c’est à nous, pauvres joueurs apeurés, d’apprendre sur le tas. Quitte à enchainer les défaites dans un premier temps. Mais à force de persévérance et d’abnégation, on finit par prendre ses marques, les défaites se transforment en victoires et un sentiment d’accomplissement particulièrement gratifiant se fait ressentir. Et c’est justement là qu’on prend conscience que NBA 2K15 n’est pas une simple amourette de passage, mais une formidable relation de couple qui ne fait que commencer.

NBA 2K15

NBA 2K15
Le Shaq n’aurait pas fait mieux.

Je vais certainement manquer d’originalité, mais NBA 2K15 est de très loin le meilleur jeu de sport auquel j’ai pu jouer. Et c’est un gros fan de foot qui vous le dit. Tel un petit bon plat mijoté avec amour, NBA 2K15 contient tous les ingrédients nécessaires pour une expérience de jeu ultime. Et il suffit d’un seul petit match pour prendre en pleine poire tout le talent de Visual Concepts. Réalisation graphique de folie, animations à en chialer, contenu en mode « Buffet à volonté » et gameplay d’une richesse incroyable. Bon, le jeu manque tout de même d’un soupçon de pédagogie, mais une fois passé le cap assez douloureux des premières heures de jeu, on prend un pied phénoménal. Je crois que j’ai trouvé mon nouveau jeu de chevet.

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