Entre moqueries, indignations et défilés de pleureuses, les réactions épidermiques n’ont pas manqué à l’annonce, ou du moins au leak, de Mario + The Lapins Cretins : Kingdom Battle. Pourtant, le jeu d’Ubisoft, fruit de la collaboration entre les studios de Montreuil, Milan et le regard attentif de Nintendo, est loin d’être la vaste blague que tout le monde semblait annoncer. Au contraire, le mariage entre l’univers de Mario et celui des Lapins Crétins est une franche réussite et le jeu se pose comme un incontournable de la ludothèque Switch pour cette fin d’année.

D’ici quelques petits mois, les Lapins Crétins fêteront leurs onze ans. Plus d’une décennie qui a donné naissance à une pelletée de jeux, une série télévisée, des spots publicitaires, des BD et tout un container de produits dérivés que les gosses s’arrachent dans les cours de récré. Pourtant, d’un point de vue purement jeu vidéo, on ne peut pas dire que la licence est particulièrement reluisante. Les personnages sont attachants, sans eux ces escrocs de Minions n’auraient peut-être jamais vu le jour, mais il est difficile de faire sortir un jeu du lot si ce n’est le tout premier sur Wii à l’époque où Rayman squattait encore l’affiche. En partant de ce constat, on peut comprendre tous ces adeptes du bon gout, pétrifiés à l’idée de voir les lapins pervertir et salir une licence aussi inattaquable que Mario. Mais avec un soupçon de bon sens et un minimum de recul, il était impensable de voir Nintendo confier à quelque d’autres sa licence phare sans un minimum de contrôle. Alors si le jeu a bel et bien été développé par les équipes d’Ubisoft, on peut facilement imaginer que les studios de développement ont régulièrement reçu la visite de mecs en costard cravate en provenance du Japon avec une liste longue comme le bras de prérogatives. Bon, ça ne reste que des suppositions, mais au final, le résultat est très loin d’être la catastrophe annoncée. Le jeu est une franche réussite et s’impose même comme un incontournable de la rentrée sur Swicth.

test de mario et les lapins crétins

Je pourrais vous pisser une tonne de signes sur le sujet, mais je vous épargne les détails sur le scénario du jeu. D’une, pour vous préserver de la cinématique d’introduction délicieusement débile, aussi bien dans le fond que dans la forme, et de deux, parce que ça ne vole finalement pas très haut. Tout ce que vous devez savoir, c’est qu’après un incroyable concours de circonstances, les Lapins Crétins ont foutu un bordel monstre au Royaume Champignon. Privé de ses amis, Mario va devoir remettre en ordre tout ce merdier en tentant de mettre la main sur un lapin avec un casque de réalité virtuelle greffé sur le visage avec l’aide, pour commencer, de la ravissante Lapin Peach et de Lapin Luigi, les deux léporidés du coin qui n’ont pas été corrompus. Je vous avais dit que c’était débile, mais si le scénario ne vole pas très haut, le mélange entre les univers fonctionne à merveille. C’est drôle, très con et visuellement très réussi. Le royaume champignon, et ses différentes régions, est envahi de statues à l’effigie des Lapins Crétins et est recouvert d’objets, de bâtiments et de tuyaux avec d’adorables oreilles de lapins à leurs extrémités qui donnent à l’ensemble un cachet super agréable à l’œil. Surtout que la réalisation est très efficace avec une jolie palette de couleurs, plein de détails à l’écran et un framerate solide qui rend l’aventure aussi fluide qu’agréable. Ce qui est également le cas du gameplay.

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Contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, Mario + The Lapins Cretins : Kingdom Battle n’est absolument pas un jeu de plateforme traditionnel et encore moins une compilation de mini jeux faisant la part belle au motion gaming. Non, il s’agit en fait d’un jeu de rôle stratégique au tour par tour. Je suis loin d’être un spécialiste du genre, pas du tout même, mais j’ai ouï dire par de personnes très bien informées que le système de jeu s’apparentait à du XCOM qu’on aurait badigeonné de guimauve rose fluo. Grosso merdo, on évolue dans une zone de jeu délimitée où l’on contrôle trois personnages qui possèdent chacun leurs propres caractéristiques et armes. Le but du jeu étant d’éliminer tous les ennemis qui traineraient dans le coin, quand l’objectif n’est pas d’arriver dans une zone précise ou encore d’escorter un VIP à bon port. Pour ça, on déplace nos personnages sur des cases et on ouvre le feu ou on fracasse la tête d’un ennemi avec une masse dès que l’occasion se présente. Tout ça en prenant compte de la topographie de l’environnement avec des positions en hauteur, des fosses ou encore des murets de différentes tailles où l’on peut s’abriter et qui peuvent être détruites en un ou plusieurs coups. Très bien ficelé, le gameplay fonctionne merveilleusement bien et propose de nombreuses possibilités comme faucher un ennemi en passant par sa case, d’utiliser une arme secondaire ou encore se servir de l’un de ses acolytes pour faire la catapulte et atteindre une position plus éloignée. On peut même créer des réactions en chaine avec un minimum de pratique et de talent. Il y a aussi les pouvoirs spéciaux, activables après un certain laps de temps et qui peuvent faire la différence lorsqu’ils sont bien utilisés.  Par exemple, Lapin Peach peut se créer une bulle de protection, idéal lorsqu’elle est à découvert, tandis que Mario et Luigi peuvent activer un tir automatique dès qu’un ennemi est en mouvement. Si les différents personnages jouables ont globalement le même mode de fonctionnement, ils diffèrent par leurs capacités, leurs arbres de compétences, qu’on débloque au fil des orbes glanés sur le champ de bataille ou dans des coffres disséminés dans les niveaux, et de leurs armes primaire et secondaire qu’on peut acheter au QG si on a suffisamment de pièces d’or dans le portefeuille.

Lapin peach : meilleur PERSONNAGE jv de l’année

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Malgré son côté très enfantin, aussi bien sur son propos que sur sa patte visuelle, Kingdom Battle n’est pas un jeu réservé aux enfants et ne dois pas être pris à la légère. Sans être insurmontable, le jeu est loin d’être une promenade de santé et offre une difficulté très bien dosée avec une courbe de progression suffisamment marquée pour ne pas s’ennuyer et sentir cette douce sensation de progresser. Mais là encore, n’ayant pas une très grande expérience du genre, il s’agit d’un ressenti très personnel. Au fil des niveaux et des régions, les ennemis gagnent en puissance, en compétences et surtout en fourberie. On a aussi le droit à des sous-boss et des boss bien retords où il y a de quoi se casser les dents plusieurs fois. Mais comme je vous disais quelques lignes plus haut, je parle pour moi, un joueur très médiocre. Un petit mot sur le level design, tout simplement brillant, qui ne cesse de s’étoffer niveaux après niveaux pour offrir des zones de jeu inventives qui jouent intelligemment de la verticalité avec des raccourcis dans tous les sens pour faire exploser les possibilités de jeu. De fait, si certains combats peuvent être expédiés en deux deux, d’autres peuvent rapidement s’éterniser. Surtout lorsqu’on vous balance des Chomps dans les pattes avec un objectif bien tendu en prime. De quoi regretter l’impossibilité de zapper certaines animations, plutôt sympa à regarder les premières heures de jeu mais barbantes à la longue, et que l’avance rapide des tours de l’adversaire ne soit pas un peu plus expéditive. Quelques petits défauts qui soulignent d’autant plus la solidité du gameplay de Mario + The Lapins Crétins qui devient rapidement addictif une fois qu’on a fourré le nez dedans. Clairement, c’est de la bonne.

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Mario + The Lapins Cretins : Kingdom Battle a beau être un très bon jeu couplé à une bien jolie surprise, tout n’est pas rose non plus. Si les phases de combat sont très bien fichues, on ne peut pas en dire autant des phases de transition. De l’exploration assez légère où on contrôle notre petite équipe à la recherche de pièces, de trésors ou tout simplement du prochain niveau. Il y a bien quelques petites énigmes, plutôt amusantes à résoudre, mais bien trop simplistes pour vraiment s’y  intéresser. De quoi créer un certain décalage entre les phases de combat et ces phases de transition qui ne semblent pas avoir eu droit au même soin dans la confection. Le jeu souffre d’un problème de liant, même si ces phases permettent de souffler un peu et de ne pas enchainer bêtement les niveaux. Pour finir, un mot sur le contenu qui est loin d’être anodin. En plus d’offrir une durée de vie assez conséquente, j’en suis à une bonne dizaine d’heures de jeu et j’entame à peine la troisième région sur quatre, Mario + The Lapins Cretins : Kingdom Battle propose tout un tas de choses à faire. En plus de la partie solo, le jeu à un mode multijoueur et des niveaux en coopération qu’on débloque à chaque nouvelle région terminée. Sans parler des nombreux défis et des zones à débloquer en rejouant certains passages. En clair, il y a largement de quoi faire et outre sa qualité intrinsèque, on en a clairement pour son argent.

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J’y ai joué à partir d’une version fournie par l’éditeur

REVIEW OVERVIEW
La plus belle des surprises
8
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