Test de Halo Guardians

Après un Halo 4 en demi-teinte, 343 Industries ont enfin réussi à dompter le monstre sacré de Microsoft avec Halo 5 : Guardians. Une formule nerveuse et particulièrement convaincante qui ne parvient pourtant pas à atteindre le niveau des plus belles années de Bungie.

Halo à l’huile

Test de Halo GuardiansJe ne vais pas vous mentir. Moi et la série Halo, ça fait deux. Longtemps biberonné aux consoles et aux jeux SEGA, j’ai viré ma cuti quelque temps après la chute de la Dreamcast pour rejoindre le camp Playstation que j’avais pourtant détesté du plus profond de mon cœur. Mais que voulez-vous, avec des jeux comme ISS Pro Evolution Soccer ou Metal Gear Solid, comment ne pas tomber sous le charme de ce qui était à l’époque le diable pour moi. Du coup, Il aura fallu attendre une certaine après-midi de Micromania Games Show et une présentation de Gears of War sur un écran géant pour que je mette un doigt de pied dans la famille Xbox en m’achetant une 360 avec PES 6 dès le lendemain matin chez feu Planet Saturn (l’anecdote qui tue). Mon premier contact avec le Master Chief s’est donc fait sur Halo 3 et autant vous dire que j’avais été particulièrement déçu ;  au point de ne pas terminer le jeu et d’aller le revendre en vitesse dans le Micromania du coin. Par contre, quelques petites années plus tard, j’en ai pris plein la gueule avec Halo Reach. Un spin-off avec autant de puissance et d’aura qu’un épisode canonique et qui propose l’une des meilleures séquences de fin qu’il m’a été donné de faire dans ma petite vie de gamer. Le genre de fin qui te met un grand coup de latte dans la tronche. Ce qui n’est clairement pas le cas de Halo 5 : Guardians. Car même si le jeu propose une farandole de cinématiques à en créer des flaques de bave (ou de toute autre substance liquide) sur le parquet des fans les plus exigeants de la série, le scénario est loin d’être au diapason et se cale sur le niveau de certains films de seconde partie de soirée sur RTL9. Pour vous résumer grossièrement la chose, le Master Chief part sur les traces de Cortana contre l’avis de ses supérieurs et se retrouve pourchassé par l’équipe Osiris menée par le Spartan Locke. Le tout étant agrémenté de l’habituel conflit avec les Covenants et les Forerunners et se clôturant sur un magistral : Plouf….. Mais malgré la pauvreté de son scénario, le jeu propose une narration efficace et on suit les événements sans jamais perdre le fil ou se sentir à la rue. Si bien que même un joueur n’ayant jamais touché à un Halo de sa vie peut y retrouver ses petits; mais il passerait tout de même à côté de certaines sous-intrigues et de très nombreuses références.

Masterchef

Test de Halo GuardiansDepuis que Bungie est partie batifoler du côté d’Activision pour faire Destiny, c’est 343 Industries qui a eu la lourde tâche d’hériter du gros bébé qu’est Halo. Et si s’occuper de remasterisation n’a finalement rien de vraiment compliqué, prendre en charge un épisode canonique est une entreprise d’une tout autre envergure et ils en ont fait les frais avec Halo 4. Un épisode loin d’être mauvais, plutôt même chouette, mais qui n’est pas à la hauteur de la saga. Certains le considérant même comme le plus mauvais épisode de la série. Mais avec Halo 5 : Guardians, 343 Industries semble s’être bien imprégné de l’ADN de la série et nous livre une copie qui remet tous les compteurs à zéro. C’est beau, nerveux et très agréable à prendre en main. Le tout premier Halo avait révolutionné le FPS sur console et ce cinquième épisode lui emboîte le pas en proposant une prise en main toujours aussi impeccable à la manette. Pour le reste, on se retrouve donc face à un FPS tout ce qu’il y a de plus linéaire mais qui propose de vastes zones de jeux parfaitement adaptés à la coopération. À quatre joueurs, l’expérience à de quoi devenir jouissive dans les modes de difficulté les plus élevés et l’IA fait plutôt bien le job quand on joue tout seul depuis le fond de sa couette. Le level-design des différents niveaux a été rudement bien pensé et, à de rares exceptions près, il est parfaitement possible de prendre l’ennemi à revers en empruntant un sentier dérobé sur le côté ou en se créant un passage secret en défonçant une paroi rocheuse. Halo 5 : Guardians joue aussi beaucoup de la verticalité et il est possible de se hisser sur des plateformes en s’agrippant dessus pour se donner un meilleur angle de tir ou pour échapper à la cohue d’ennemis qu’on nous balance régulièrement à la gueule. Le rythme du jeu devient vite effréné et entre les tonnes d’armes qui recouvrent le sol, la possibilité de faire des dashs pour feinter l’ennemi ou les nouvelles attaques piquées, Halo 5 a de quoi donner des crises d’asthme aux joueurs les plus fragiles. Par contre, les plus malins découvriront rapidement qu’il est possible de squeezer une grande partie des affrontements en se mettant sur un côté de la map et en fonçant tête baissée vers l’objectif. De quoi se donner un peu d’air après s’être farcis des charters entiers de Covenants un poil trop vénères. Enfin, le jeu intègre merveilleusement bien les véhicules et on passe du combat au sol à des séances de tir aux pigeons à bord d’un Scorpion sans jamais avoir l’impression de couper court à l’action. De même, que l’on soit à bord d’une Mangouste ou d’un Warthog, la prise en main reste très agréable et ces passages ne sont jamais une corvée.  Halo 5 : Guardians est un jeu où les fans devraient s’y retrouver très rapidement et ce n’est pas certainement l’ajout de la visée dite stratégique qui viendra gâcher l’expérience. Mais s’il y a une chose qu’on peut reprocher au jeu, c’est son côté trop lisse, trop sage et trop scolaire.

Elève trop sérieux

Test de Halo GuardiansQuand je dis qu’Halo 5 est trop sage ou trop lisse, ne prenez pas ça comme une mauvaise chose. Halo 5 : Guardians fait du Halo et il le fait même rudement bien le bougre. Le problème, c’est qu’il lui manque ce petit truc pour vraiment faire la différence et se démarquer de ses prédécesseurs. Cette petite étincelle qui te fait trépigner d’impatience dans la journée en attendant de retrouver le jeu le soir même. On sent que les petits gars de 343 Industries ont scrupuleusement respecté le cahier des charges à la lettre et qu’ils n’ont pas souhaité prendre de risques. À moins que  la pression de Microsoft était vraiment trop forte pour se permettre quelques petites folies. Il ressort donc du jeu une espèce de classicisme qui se ressent notamment du côté du mode multijoueur. Je ne vais pas vous raconter des salades et vous vendre le fait que j’ai passé une vingtaine d’heures sur le multi, mais des quelques parties que j’ai pu effectuer, je n’ai rien vu de fondamentalement nouveau ou de couillu. Ce qui ne m’a pas empêché de bien m’amuser sur le très bon mode Zone de Combat où l’on peut se fritter à 12 contre 12 avec l’IA qui vient même se mêler à la fête. Le mode multi est donc assez classique, mais reste parfaitement taillé pour le compétitif. Pour la surprise, j’imagine qu’on verra ça une autre fois. Mais là où j’ai été le plus déçu avec Halo 5, c’est dans la réalisation globale du titre qui manque de….DEFONCAGE DE GUEULE ! Qu’on se mette tout de suite d’accords, Halo 5 : Guardians est très beau ; il n’y a pas un pet d’aliasing qui se serait planqué sur l’armure d’un Covenant et la direction artistique envoie du lourd avec des environnements variés, très riche et qui illuminent l’écran de couleurs. Le jeu se pose même sans problème dans la catégorie des jeux les plus beaux de cette génération. Pourtant, je trouve que la claque n’est pas au rendez-vous. Un peu comme le troisième épisode en son temps, le jeu ne fait pas du tout le même effet que le premier Halo sur Xbox. Vous savez, ce gros coup de genou en plein dans les gencives qui vous fait courir acheter une console en magasin après avoir vu à peine 10 secondes du jeu. He bien ici, on n’y a malheureusement pas le droit. Mais pour le coup, je joue vraiment la fine bouche, parce que comme je le dis un poil plus haut dans le texte, Halo 5 : Guardians est beau et il est même très beau par moments. Mais bon, on ne m’enlèvera pas le fait que je trouve qu’il manque ce petit je ne sais quoi. A bien y réfléchir, on pourrait tout simplement dire qu’il manque un petit soupçon de Bungie, dans ce Halo.

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note_4Carré
Si l’on met de côté la remastersiation du premier Halo et la MasterChief Collection, on peut dire qu’Halo 5 : Guardians est la seconde sortie dans le grand bain pour 343 Industries. Un bien joli plongeon qui vient gommer les quelques errances d’un Halo 4 loin d’être adulé par les fans. Le studio a eu le temps de digérer tout l’ADN de la série de Bungie et nous livre ici une copie efficace avec une multitude de nouveautés qui viennent dynamiser un gameplay qui ne manque pas d’intensité. Et s’il n’y a rien à dire sur le côté épique des cinématiques qui ont de quoi foutre des frissons, le scénario n’a quant à lui rien d’extraordinaire et se démarque surtout par son incroyable platitude. Une platitude que l’on retrouve dans le mode multijoueur qui se contente d’essorer une formule qui fonctionne toujours autant et dans une réalisation étincelante mais qui n’impressionne pourtant pas. Halo 5 : Guardians n’en reste pas moins une excellente expérience, mais il lui manque un soupçon de je ne sais quoi pour véritablement faire la différence. Oui, je sais, je chipotte.

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