Après un premier tour de piste assez compliqué, Gran Turismo Sport s’est doucement laissé apprivoiser pour me montrer son plus beau visage. À savoir jeu qui brille surtout en ligne.

Mon premier contact avec Gran Turismo Sport a été compliqué : j’ai détesté. Tout ça à cause d’une installation bizarrement très longue, un contenu solo très pauvre « j’y reviendrais plus bas » et un très mauvais choix de voiture et de circuit à une heure très tardive pour ma toute première course. J’ai trouvé ça mou, chiant et ça m’a presque donné envie d’en rester là. Ce qui aurait été incroyablement stupide. Pour commencer, il faut savoir que Gran Turismo Sport est un jeu à part dans la série. Un peu comme Gran Turismo 5 Prologue l’était à sa sortie. Je ne dis pas qu’on a affaire à une démo, mais pas à un jeu jalon comme l’ont été les Gran Turismo numérotés avec des centaines et des centaines de voitures, des circuits en pagaille et des courses et autres compétitions à n’en plus finir. En fait, le mode solo est ici réduit à son strict minimum avec un mode arcade pour enquiller des courses sur les quelques tracés disponibles ainsi qu’un mode campagne avec des épreuves de conduite « les permis », des missions, où l’on doit par exemple terminer premier sur une course donnée, ainsi que des défis où l’on apprend à maitriser les trajectoires et les virages. Loin d’être passionnant, ce mode est surtout là pour gagner de nouvelles caisses, débloquer des circuits et appréhender le gameplay du jeu. Autant vous dire que si vous n’êtes pas abonné au Playstation Plus, car tout l’intérêt de Gran Turismo Sport repose sur son expérience de jeu en ligne, vous allez très vite tourner en rond pour ne pas dire même regretter votre achat. Pour information, un abonnement au Playstation Plus coûte entre 7,99 euros et 59,99 euros que vous pouvez régler en mettant la main sur une carte prépayée Playstation ou à l’aide de cette bonne vieille CB.

mes impressions sur gran turismo sport ps4

L’interface a beau être claire, épurée et incroyablement reposante, j’ai mis du temps à comprendre qu’il fallait que je regarde une vidéo de 2 minutes sur le fair-play avant de pouvoir jouer en ligne. Une petite vidéo didactique qui explique le bon comportement à avoir sur un circuit lorsqu’on joue en ligne, mais qui ne m’a pas empêché de tomber sur une bande de blaireaux dès ma première course. S’il y a bien la possibilité de se créer un petit salon pour jouer entre potes, le plus intéressant reste de faire les différentes courses disponibles tout au long de la journée ou encore celles du championnat GT et celui des constructeurs en soirée. On s’inscrit aux différentes courses très facilement et on peut participer à des séances de qualification en attendant qu’elles commencent pour s’assurer une bonne place sur la ligne de départ. Pour en revenir à la notion de fair-play, votre comportement sur la piste influe sur votre note de fair-play qui vous assure donc de vous retrouver entre personnes civilisées si vous n’êtes pas du genre à oublier de freiner ou vous servir de l’aile de votre vis-à-vis pour bien négocier un virage. Par contre, il faut savoir que le moindre faux pas se paye cash et qu’il faut enchainer pas mal de courses « propres » pour retrouver une bonne note et réintégrer la catégorie des gentlemen. D’ailleurs, pour souligner toute l’importance du fair-play dans le jeu, la note figure fièrement au centre de notre profil de joueur qui dégouline d’informations en tous genres allant du temps de jeu à la distance parcourue en passant par le nombre de litre d’essence consommé. Un outil qui permet surtout de se mesurer avec ses potes ou les joueurs rencontrés pour jouer au célèbre jeu du « qui c’est qui a la plus grosse » et qui souligne une nouvelle fois que le multijoueur est résolument au cœur de ce nouveau Gran Turismo.

mes impressions sur gran turismo sport ps4

Un jeu pour gentlemen du volant

Et si on parlait un peu de gameplay ? De ce côté-là, Gran Turismo Sport ne s’écarte pas de la philosophie de la série et on reste sur un compromis entre la simulation et l’arcade qui se concentre plus sur les sensations de conduite que sur la course en elle-même. Ce qui le différencie de son principal concurrent Forza 7 où c’est à mon sens tout l’inverse. Tout ça pour vous dire que les sensations de conduite sont excellentes, du moins quand on évite de choisir une modeste Golf GTI sur un circuit bête et méchant comme le Blue Moon Speedway. Sous couvert de désactiver certaines assistances à la conduite, on mange l’asphalte avec une certaine délectation et on a toujours cette agréable sensation que la voiture peut décrocher au moindre faux pas ou prise de risque en sortie de virage. Après toutes ces années, force est de constater que Polyphony Digital maitrise toujours aussi bien le transfert de masse et on prend ainsi beaucoup de plaisir à freiner à l’entrée d’un virage pour essayer de l’aborder tout en finesse avant d’en sortir le plus rapidement possible. Gran Turismo Sport est un jeu qui transpire l’amour du pilotage où le principal adversaire reste avant toute chose le chronomètre même si on ne boude pas son plaisir à griller la politesse à des adversaires en ligne ou face à l’IA qui est ici plutôt bonne. On est loin de cette époque pas si lointaine où elle restait bêtement figée sur un rail puisqu’elle n’hésite pas à prendre des risques, quitte à finir dans le décor, tout en respectant le joueur en s’écartant avec une certaine courtoisie et en n’évitant de nous rentrer dedans lorsqu’on se montre un peu timide sur un virage. Ce qui est un luxe par rapport à d’autres jeux nettement moins sympathiques de ce côté.

mes impressions sur gran turismo sport ps4

Véritable machine de guerre pour les consoles Sony autrefois, la série Gran Turismo a perdu de son mordant ces dernières années et ce nouvel épisode confirme cette tendance. Qu’on se le dise, Gran Turismo Sport est très beau, mais en deçà d’autres jeux first-party sur PS4 et même plusieurs crans en dessous d’un Forza 7 qui est visuellement ébouriffant avec ses effets météorologiques. S’il n’y a strictement rien à dire sur les voitures qui sont somptueusement modélisées ou sur les différents effets de lumière avec le soleil qui vient fouetter l’asphalte à différentes heures du jour, on ne peut pas en dire autant des à-côtés du circuit. Vous pourrez toujours me dire qu’on ne prête pas attention au bord de la route lorsqu’on est en course, ce qui n’est pas faux, mais le contraste donne à l’ensemble un côté très morne et pas vraiment à la hauteur de ce qu’on a envie de voir de nos jours. Surtout qu’on n’a pas le droit à une gestion de la météo dynamique ou quelques effets cosmétiques pour venir nous chatouiller les rétines. Du côté de la bande-son, si les musiques sont parfaitement dans le ton et dans l’esprit de la série, les effets sont quant à eux assez irréguliers. C’est un petit bonheur d’écouter certains moteurs monter dans les tours, mais le délire tombe d’un cran lorsqu’on entend les pneus crisser ou le « ploc » synonyme de collision. Et en parlant de ça, les dégâts ne sont toujours pas gérés, du moins pas comme on l’entend, mais le jeu prend en compte différents types d’usure durant les courses. Ce qui est déjà pas mal.

mes impressions sur gran turismo sport ps4

Facebook Comments
REVIEW OVERVIEW
En ligne et puis c’est tout
7
Partager
Article précédentListe au Père-Noel : Guide de Super Mario Odyssey Edition Collector
Prochain articleBon Plan – Un paquet de jeux à 14,99 chez Auchan

1 commentaire

Répondre

Merci de renseigner votre commentaire
Merci de renseigner votre nom