Je n’ai jamais été un grand amateur des jeux multijoueur en ligne. Pourtant, il arrive parfois qu’un jeu soit suffisamment excitant pour me faire sortir du confort que me procurent les jeux solo. Et Evolve est de cette race.

J’y ai joué sur Xbox One 

EvolveJe dois vous avouer un truc un peu honteux. Je n’ai jamais joué à Left 4 Dead. Enfin si, j’ai déjà posé les mains dessus, une fois ou deux, pour me faire un avis, mais jamais plus de 10 minutes. Et le pire dans tout ça, c’est que je suis parfaitement conscient d’avoir raté des heures et des heures de délires entre potes ou avec d’illustres inconnus sur le live. Mais que voulez-vous, je suis plutôt solo. J’aime être posé sur mon canapé, bien installé devant ma télé à maitriser mon expérience de jeu de bout en bout sans subir les caprices d’une connexion qui part en vrille ou encore la pression d’autres joueurs. Pourtant, dès son annonce, j’ai tout de suite été emballé par le concept d’Evolve. Un jeu 100% multi qui ne propose aucune sorte de « vraie » campagne solo. En même temps, comment ne pas être emballé par un principe terriblement alléchant qui met en opposition la force brute d’un monstre avec un quatuor de chasseurs armés jusqu’aux dents. Dès ma première partie, j’ai été propulsé dans les bottes du trappeur, le membre du groupe dont le rôle consiste à traquer la bête, la piéger dans un dôme d’énergie et l’immobiliser un maximum à l’aide de harpons.  Et bien que mon équipe ait lamentablement échouée lors de ce premier round, autant vous dire que j’ai pris un pied d’enfer à traquer le monstre dans une espèce de jungle à la végétation luxuriante et pleine de danger en tout genre. Ensuite, c’est sur le soigneur que j’ai jeté mon dévolu. Nettement plus stratégique que les autres classes, le soigneur a pour but de maintenir l’équipe en vie à l’aide d’un fusil de guérison ou d’une vague régénératrice qui remet tous les personnages aux alentours sur pied. Mais ce n’est pas tout, le soigneur peut aussi ralentir le monstre à l’aide d’un fusil tranquillisant ou bien créer des points faibles sur sa carcasse en lui tirant dessus avec un fusil de précision. Parmi les quatre classes disponibles, le soigneur est de loin ma préférée et le compromis entre jeu à distance et corps à corps fonctionne à merveille. Pour le reste, entre la puissance de frappe de l’assaut et les gadgets du soutien, Evolve propose des classes diversifiées et très plaisantes à jouer. Il y en a pour tous les gouts et la synergie entre les personnages fonctionne très bien. Surtout lorsque l’on joue entre potes et que chacun tient parfaitement son rôle. Là, c’est juste jubilatoire.

EvolveContrairement à une grosse majorité, j’ai énormément de mal à jouer et prendre du plaisir avec le monstre. C’est vrai qu’il y a bien un sentiment de toute puissance quand on maitrise la bête et qu’on extermine tous les chasseurs à grands coups de pattes, mais ça ne marche absolument pas avec moi. Que ce soit le très puissant Golitah, le très électrisant Kraken ou le cauchemardesque Spectre, je n’arrive pas à trouver chaussure à mon pied. J’imagine que le fait d’être mauvais doit forcément jouer, mais je trouve le maniement des monstres trop lourd, ça manque cruellement de punch et on ne ressent justement pas assez ce sentiment de puissance. Pour autant, la partie précédant le combat, celle où l’on doit fuir, se cacher et évoluer en dévorant toutes sortes de bêtes, est assez amusante à faire. Mais dès lors que l’on rentre dans le vif du sujet, je m’emmerde un max. Du coup, dès que je tombe sur le monstre, j’essaie de faire mon mieux (je n’ai gagné qu’une seule manche en tout) en attendant de retourner dans le camp d’en face. Car dans Evolve, hormis dans le cadre d’une partie entre potes, on ne peut pas vraiment choisir avec qui on va jouer. On définit un ordre de préférence et le jeu se charge de distribuer les cartes de façon la plus équitable possible. Généralement, on joue le plus souvent avec sa classe préférée, mais de temps à autres, il est nécessaire de changer un peu de casquette pour laisser sa place aux copains. Concernant les modes de jeu, autant vous dire que c’est plutôt chiche puisque Evolve n’en propose que quatre. Le mode « Chasse » où l’on doit chasser et tuer le monstre avant qu’il n’évolue au stade 3 ou qu’il ne tue les chasseurs. Le mode « Nid » où l’on doit détruire les œufs du monstre alors que lui doit les protéger. Le mode « Sauvetage » où l’on doit secourir des chasseurs en détresse avant qu’ils ne se fassent tous tuer par le monstre. Et le mode « Défense » où les chasseurs doivent défendre une position des attaques du monstre. Le tout est jouable à la volée ou dans un mode nommé « Evacuation » qui mélange tous les modes précédents sur cinq tours. Enfin, pour la blague, Evolve propose aussi un mode « Solo » qui n’est en réalité que le reflet du mode multi où l’on ne fait que jouer contre l’IA. Ce qui nous amène donc au gros problème d’Evolve : Son cruel manque de contenu. Malgré les quelques artifices mis en place pour prolonger la durée de vie, comme les différents personnages et monstres à débloquer au fil des points d’XP glanés, on fini par tourner en rond assez rapidement. Et ce,  malgré la grande variété des classes, personnages et maps proposé. Sur des courtes sessions, l’expérience de jeu est dingue, mais sur la longueur, cette expérience s’essouffle. De quoi redouter le pire pour l’avenir d’Evolve. J’imagine que Turtle Rocck a déjà prévu moult DLC pour venir dynamiser le tout dans un futur assez proche, mais j’ai vraiment peur que les joueurs se lassent et abandonne le jeu pour aller vers d’autres horizons. Et sans joueurs, Evolve perd tout son intérêt.

BienPlus qu’un simple bon jeu, Evolve est avant toute chose une incroyable expérience multijoueur. Le gameplay asymétrique fonctionne merveilleusement bien et même si j’ai été déçu par la prise en main des monstres, j’ai pris un pied d’enfer à les traquer et les exterminer. Surtout que les différentes cartes disponibles se prêtent parfaitement à ce jeu du chat et la souris grandeur nature. Malheureusement, sans un véritable mode solo et avec un contenu relativement pauvre, Evolve montre rapidement ses limites et il y a de quoi redouter une désertion des joueurs dans les mois à venir. A moins que Turtle Rock n’anticipe bien le coup et nous propose des DLC (pas trop chers) qui viendraient dynamiser le tout. Qui vivra verra.

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