Bien que je prenne autant de plaisir qu’une star hollywoodienne devant une montagne de coke à enquiller les parties sur Dragon Ball FighterZ, j’avoue éprouver une certaine tristesse. Celle d’être incapable de remonter dans le temps pour montrer le jeu à celui qui le méritait vraiment : moi, il y a 20 ans.

Si le voyage dans le temps était possible et que je pouvais embarquer ma PS4 sous le bras avec Dragon Ball FighterZ pour le montrer à celui que j’étais à l’école primaire, dans le début des années 90, je pense que je ne m’en serais jamais remis. Parce qu’à l’époque, on peut dire que j’étais un fanatique de Dragon Ball Z. Du genre à me lever tôt tous les mercredis matin pour être sûr de ne pas louper mon épisode hebdomadaire et tanner ma tante pour m’abonner à Dorothée Magazine et avoir un max de contenu et de modèles pour dessiner ma version cabossée, mais plutôt classe, de Trunks du futur. Dans ces conditions, et alors que la Megradrive était la reine à la maison et que la 3D n’en était qu’à ses balbutiements dans les magazines qui commençait à peine, si ce n’est pas du tout, à parler de la PlayStation, je pense que me retrouver nez à nez avec Dragon Ball FighterZ m’aurait plongé dans le coma. À mon humble avis, et je ne suis pas le seul à le penser, Dragon Ball FighterZ est sans aucun doute le jeu qui retranscrit le mieux l’œuvre d’Akira Toriyama et plus particulièrement de l’animé. Que ce soit dans la qualité des traits, le panel des couleurs, les postures ou tout simplement la réalisation globale, chaque séquence transpire de tout ce qui faisait l’essence même de l’animé. Et puis surtout, le jeu est d’une beauté folle et ferait pleurer d’émerveillement le premier fan qui poserait les yeux dessus. Et au-delà de l’aspect purement esthétique, où à mon sens il n’y a aucune forme de débat possible, à moins d’avoir une vie désespérément triste ou chercher la petite bête, Dragon Ball FighterZ dégage une énergie folle avec des combats qui vont à mille à l’heure, accompagnés des bruitages d’époque à s’en délecter les yeux fermés.

test de dragon ball fighterZ sur PS4

Beau à en tomber dans le coma

Mais bon, Dragon Ball FighterZ n’est pas qu’un simple dessin animé interactif à s’en taper le cul par terre, c’est aussi, et surtout, un jeu de combat. Et autant vous dire que le ramage se rapporte à la perfection avec le plumage. Je suis loin d’être un technicien ou même un amateur de jeux de baston, l’époque où je passais mes journées sur Street Fighter II est maintenant loin derrière moi, mais je peux tout de même vous dire que le gameplay du jeu de Arc System Works est insolemment bon et peut convenir aussi bien aux néophytes qu’aux joueurs les plus aguerris. En gros, le mec qui n’a jamais touché à un jeu de baston de sa vie ou depuis des lustres pourra très bien s’amuser sans forcément se faire marcher dessus dès son premier combat tandis que le collectionneur de stick arcade pourra profiter pleinement des nombreuses subtilités de gameplay. De fait, si certains combos peuvent très bien se lancer en martelant les mêmes touches et que les attaques spéciales sortent très facilement, il y a pour cela de nombreux raccourcis, ça n’empêche pas au jeu de demander une certaine forme d’exigence dès qu’il s’agit de rentrer dans le dur. Déjà au niveau du timing pour les combos qui font vraiment très mal, mais surtout en ce qui concerne le « mindgame » avec des dégâts qui peuvent être sauvés en changeant de personnage au bon moment ou en maitrisant l’art délicat de la téléportation. Aussi, avec sa courbe de progression bien pentue, on a rapidement cette agréable sensation de s’améliorer, sans compter cette soif d’apprendre qui s’installe et qui nous pousse à travailler les combos dans la salle d’entrainement des heures durant ou essayer tous les personnages du roster pour identifier son trio de rêve. Car si vous ne l’aviez pas encore deviné, Dragon Ball FighterZ est un bon vieux trois contre trois des familles. Alors oui, ça parait un peu bordélique vu de loin, même très bordélique, mais une fois qu’on a le nez dedans et qu’on commence à assimiler les bases, tout devient vite limpide, jouissif et viscéral. De quoi ne plus avoir envie de lâcher la manette. Sauf quand on s’endort. Ce qui peut arriver sur le mode solo.

test de dragon ball fighterZ sur PS4

Passons maintenant aux choses qui fâchent, parce que oui, même si je n’arrête pas de vous dire que Dragon Ball FighterZ est un jeu formidable qui m’aurait rendu tout fiévreux à l’âge de 12 ans, ça ne l’empêche pas d’avoir des défauts. À commencer par sa structure générale avec ses horribles écrans de chargement et ce loby aussi débile qu’inutile qu’on ne demande de rejoindre à chaque fois qu’on lance le jeu. Alors oui, c’est mignon tout plein de se balader avec son petit personnage et d’autres joueurs dans un environnement guilleret pour rejoindre les différents modes de jeu, mais tout ça aurait gagné à être plus souple, moins lourdingue et surtout un peu plus « seamless ». Il en va de même pour le jeu en ligne, où on peut aussi bien se battre pour la gloire que pour son honneur avec un classement mondial, qui n’a JAMAIS vraiment bien fonctionné chez moi. Pas spécialement en cours de jeu, où c’était plutôt stable, mais dans la recherche d’une partie où en plus d’être vraiment très long, j’ai dû subir de nombreuses déconnexions sauvages sans la moindre explication. Mais je préfère me mettre ça sur le compte d’un lancement sur les chapeaux de roue, surtout que le jeu fait un véritable carton un peu partout dans le monde, et j’imagine que des correctifs vont vite venir pour améliorer tout ça. Aussi, un petit mot sur l’arnaque du siècle avec les musiques officielles de l’anime qui ne seront disponibles qu’au mois de mars et moyennant quelques euros supplémentaires. Je sais bien que la grande mode est de plumer les joueurs par tous les moyens possibles et inimaginables, mais là c’est quand même sacrément abusé et je constate que personne ne semble vraiment s’en préoccuper contrairement au raz-de-marée que les lootboxes d’EA ont provoqué. De toute manière, quand on aime, on ne compte pas et nombreux seront ceux à passer à la caisse une fois que les morceaux seront disponibles. Parce que malgré ses petits couacs, le cœur du jeu de Dragon Ball FighterZ est sans failles, grisant, souvent jouissif et qu’on soit seul, en local contre des potes ou face à n’importe quel pelo à l’autre bout du monde, les parties s’enchaînent sans le moindre déplaisir.

REVIEW OVERVIEW
Un rêve de gosse
10
Partager
Article précédentTop 10 des meilleures pubs du Superbowl

Répondre

Merci de renseigner votre commentaire
Merci de renseigner votre nom