Bloodborne est un jeu qui fait mal. Très mal même. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, le plaisir qu’il procure n’est pas dans la souffrance, mais dans tout ce qu’on fait pour l’éviter.

S’il en était physiquement capable,  je suis sûr que Bloodborne passerait son temps à insulter le joueur en lui envoyant quelques crachats bien glaireux au visage. Pourquoi? Parce que Bloodborne est un jeu odieux, terriblement exigeant et doté d’une difficulté telle qu’elle peut faire fuir les joueurs les plus hardcore. Et pour s’en convaincre, il suffit de faire un petit tour sur Twitter pour mesurer tout le désarroi que le jeu sème derrière lui. Cris, larmes, mauvaise foi, tout y passe. Pourtant, quand on apprend à le connaître, Bloodborne se révèle être un jeu  incroyablement plaisant. Un plaisir qui n’est toutefois pas dû à l’esthétique du titre. Car contrairement à une intrigante majorité de joueurs, je trouve le jeu plutôt moche et le côté gothique nappé d’une ambiance victorienne ne fonctionne absolument pas sur moi. C’est fade, tristounet et pas très original. Mais pour le coup, c’est clairement une histoire de goût et ce que je trouve moche peu très bien rendre grâce à vos petits yeux pétillants. Par contre, là où tout le monde semble être d’accord, c’est sur la piètre qualité technique du jeu de From Software. Ça a beau fourmiller de détails et tourner plus ou moins correctement, il y a de quoi faire saigner quelques rétines un poil exigeantes. C’est modélisé à l’arrache, les textures bavent et les animations oscillent entre le ringard et le ridicule. Bref, Bloodborne n’est pas un foudre de guerre, mais ça ne l’empêche pas de mettre à l’amande la concurrence sur d’autres segments de jeu.

J’ai beau trouver le jeu moche, et j’assume mes dires sur ce point à 200%, je ne pense absolument pas la même chose de son level design et de l’architecture de la ville de Yharnam. En fait, pour tout vous dire, je ne me souviens pas avoir foulé une aire de jeu aussi minutieusement élaboré. Construit sous la forme d’un open world, Bloodborne se laisse découvrir quartiers par quartiers qui regorgent de ruelles sombres, de sous-sols anxiogènes et de passages secrets. Si bien qu’on a sans cesse cette agréable sensation de découvrir de nouvelles choses alors que le jeu impose aux joueurs de recommencer sans cesse les mêmes tronçons au gré des différents échecs. Car comme vous le savez maintenant très bien, le jeu est d’une assez rare difficulté et la mort est un passage obligatoire même pour les plus vaillants. Mais ne vous imaginez pas pour autant que le jeu repose sur une difficulté artificiellement mis en place pour se donner un genre. Le gameplay de Bloodborne va bien au-delà de ça et c’est en s’y frottant suffisamment longtemps qu’on prend conscience de sa profondeur. Ainsi, même si le jeu encourage à la prudence pour ne pas finir en charpie tous les trois mètres, c’est l’attaque qui est systématiquement récompensé. Pour gagner ses duels, il faut prendre les devants et ne pas hésiter à rentrer dans le lard des ennemis par surprise. Aussi, le jeu n’offrant aucune sorte de parade hormis l’esquive, il est possible de minimiser ses dégâts en attaquant l’ennemi immédiatement après avoir subi un coup sous peine d’être obligé de puiser dans ses réserves de potions. En fait, le secret de la réussite dans Bloodborne est qu’il ne faut surtout pas avoir peur de l’ennemi et que c’est en souffrant au rythme des morts qu’on apprend à mieux jouer. La courbe de progression du jeu est assez folle et le sentiment de satisfaction est assez jubilatoire lorsqu’on parvient à dompter un type d’ennemi après avoir essuyer revers sur revers. Et c’est justement sur ce point précis que Bloodborne est particulièrement appréciable.  Dans cette incroyable faculté à bonifier le joueur au fil des parties et lui faire prendre du plaisir après lui avoir fait subir les pires outrages.

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note_4 Jubilatoire
Même si je n’ai toujours pas terminé le jeu, et j’en suis même très loin, je peux vous dire sans détour et droit dans les yeux que Bloodborne est un putain de bon jeu. Sa technique est peut-être décevante, sa direction artistique ne plaira certainement pas à tous, mais son gameplay est d’une incroyable richesse où chaque défaite, la plus misérable soit elle, est un pas de plus vers la victoire. Car Bloodborne n’est pas de ceux qui se livrent dès le premier soir. Et avant d’avoir la chance d’y prendre du plaisir, il faut d’abord apprendre à y souffrir.

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1 commentaire

  1. bloodborne est une réussite et une promesse tenue en tout point.Personne ne soulève le côté steampunk du titre,ils sont sans doute trop dérouté tellement c’est bon.

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