Un Sniper, Clint Eastwood, Bradley Cooper, il ne m’en fallait clairement pas moins pour que je fonce au cinéma voir American Sniper. Et malgré la propagande du film un poil dérangeante, je peux vous dire que j’ai beaucoup aimé.

American sniperPour ceux qui auraient loupé le train au passage, American Sniper est l’adaptation cinématographique de l’autobiographie de « la légende » Chris Kyle. Un tireur d’élite de la marine américaine qui possède le triste record du plus grand nombre de personnes tués avec 160 tirs létaux au compteur d’après le pentagone et 255 d’après ses propres dires. A son retour d’Irak en 2010, en plus de fonder et diriger une société militaire privée fournissant des formations de tireur d’élite, Chris Kyle met en place un programme d’aide aux anciens combattants en difficulté. En 2013, alors qu’il venait en aide à un jeune Marine de 25 ans souffrant de stress post-traumatique, il est froidement abattu par ce dernier à son stand de tir. S’il était surnommé le « Diable de Ramadi » par le camp ennemi, Chris Kyle était considéré comme un véritable héros aux Etats-Unis et ses obsèques ont été suivies par tout un pays en deuil. Partant de là, je n’ai pas vraiment été surpris de voir le film adopter un ton très patriotique. Rien de gerbant, loin de là même, mais suffisamment dérangeant pour être souligné. Surtout lors de quelques passages bourrés de propagande sur l’armée américaine. De plus, le film donne une vision un peu trop angélique de Chris Kyle, qui y est dépeint comme un chevalier blanc, alors qu’il n’a pas hésité à déclarer qu’il regrettait de ne pas avoir tué plus de monde à son retour d’Irak. Je peux comprendre la volonté de Clint Eastwood à ne pas égratigner un héros national, mais un peu de subtilité et d’ambiguïté au personnage aurait apporté plus de relief au film. Mais bon, American Sniper n’étant au final qu’une adaptation de la biographie de Chris Kyle, on ne va pas clouer au pilori ce bon vieux Eastwood pour ne pas avoir pris certaines libertés. Surtout que tout le reste est vraiment bon.

American sniperL’histoire de Chris Kyle étant vraiment très intéressante, voir même passionnante pour ma part, le scénario du film ne s’octroie aucune sorte de liberté loufoque et tient plutôt bien la route. Et si l’on met de côté la dernière scène en Irak qui tire trop en longueur et l’emphase faite sur les obsèques, American Sniper propose un rythme particulièrement bon. Durant plus de deux heures, le film alterne brillamment les scènes calmes qui présentent la psychologie des personnages et les scènes plus nerveuses qui installent une certaine tension. Quand il s’agit de poser une ambiance, Clint Eastwood a prouvé qu’il était un véritable artiste en la matière et American Sniper ne déroge pas à la règle avec une atmosphère pesante, tendue et parfois même anxiogène. Du côté du casting, que dire de la prestation de Bradley Cooper, tout simplement exceptionnelle, où il montre une palette d’émotions variées et une très grande justesse dans son jeu. Et pour aller même plus loin, il porte le film sur ses épaules du début à la fin sans jamais défaillir. Depuis Happiness Therapy sa réputation d’acteur n’était plus à faire, mais avec cette nouvelle prestation, où il a pris plus de 20kg pour coller au personnage, Bradley Cooper prouve qu’il n’a rien à envier à certains monstres d’Hollywood et ça ne m’étonnerait pas de le revoir nominé aux oscars dans les années à venir. C’est du moins tout ce que je lui souhaite. Enfin, avec sa trame scénaristique prenante, la justesse de son rythme, son ambiance oppressante et l’excellente prestation d’un Bradley Cooper méconnaissable, American Sniper ne m’a clairement pas déçu et ce ne sont pas les quelques petits messages propagandistes qui m’ont fait regretter l’achat de ma place de ciné.

BienDepuis qu’il a abandonné ses bottes de cowboy et qu’il est passé derrière la caméra, Clint Eastwood a pris cette salle habitude de nous pondre d’excellents films et American Sniper ne déroge pas à la règle avec un Bradley Cooper tout simplement énorme dans le rôle du sniper le plus prolifique des Etats-unis. Malgré une séquence de fin trop longuette et des messages de propagandes pas franchement discrets, j’ai dévoré chaque minute du film sans jamais bouder mon plaisir. Alors si vous n’avez rien de prévu ce soir, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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