critique de captain america civil war

Après la triste désillusion du mois dernier avec Batman V Superman, je partais avec pas mal d’appréhensions en ce qui concerne Captain America Civil War. Sauf que le duo Marvel / frères Russo n’a rien à voir avec leurs homologues Warner / Snyder et ils nous ont pondu là un film maitrisé de bout en bout et à la hauteur de la série de comics dont il s’inspire.

On y est enfin. Après plus d’un an d’attente et plusieurs mois à regarder en boucle sur YouTube les différents trailers du film, j’ai enfin pu voir Captain America Civil War. Et malgré une bonne grosse nuit de sommeil, j’ai encore du mal à faire le tri dans ma tête tant j’ai adoré ce que j’ai vu hier soir. Mais commençons par balayer d’un revers de la main un problème qui n’en est pas vraiment un. À savoir la différence entre le film et les comics. À moins de vivre au pays des bisounours, il est tout bonnement impossible de retranscrire avec cohérence et respect l’intégralité de l’arc Civil War en un seul petit long-métrage. Entre les problèmes de droit pour avoir tous les personnages, la difficulté d’en tirer un scénario qui tienne la route et le budget nécessaire pour mettre en forme le tout, il aurait bien fallu l’aide des Avengers et de quelques êtres intergalactiques pour réaliser un tel exploit. Ou alors partir sur une trilogie qui aurait été de trop quand on regarde le planning des sorties Marvel qui s’étalent tout de même jusqu’à 2020. Quand bien même, le MCU est un univers à part entière et totalement autonome qui ne fait que s’inspirer de ce qui peut se passer sur papier glacé. Alors qu’importe au final, Marvel et les frères Russo ont du faire des choix, sans doute même pas mal de concessions, mais ça ne les a pas empêchés de s’en sortir remarquablement bien.

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Captain America Civil War est avant tout une histoire de famille. Une famille de super héros qui se retrouvent face à leurs propres responsabilités. Car si Superman s’amuse à rouler une pelle à Lois Lane sur les cendres encore fumantes de Metropolis dans Man of Steel, les Avengers ne sont pas de grands adeptes du travail propre non plus. De Washington à Sokovia en passant par New-York, le Cap et sa bande ont bien sauvé le monde à de nombreuses reprises, mais ils ont laissé derrière eux pas mal de champs de ruines avec de nombreuses innocentes victimes sous les décombres. Et ça, le monde ne peut plus le tolérer. D’où l’idée d’une série d’accords pour mettre les services des Avengers sous l’égide des Nations-unies. Une nouvelle que nos héros ne prennent pas de la même manière, chacun voyant sa propre vérité et qui sera le point de départ d’un profond désaccord entre Captain America qui souhaite conserver sa liberté alors qu’Iron Man n’a rien contre une certaine forme d’encadrement. Mais au-delà de la confrontation en elle-même, le film met surtout l’accent sur les personnages. On fait ainsi plus ample connaissance avec la Vision qui adopte un regard très pragmatique sur la situation et qui entretien un lien assez fort avec Scarlet Witch, et c’est avec une putain de banane aux lèvres qu’on voit débouler Ant-Man qui apporte avec lui une belle dose de fraîcheur. Même s’il y a de quoi regretter le manque de poids de son personnage qui ne sert finalement que de sidekick au reste de la bande. Mais si aucun des personnages n’est véritablement mis de côté, le film s’attarde surtout sur Captain America qui préfère rester fidèle à ses convictions quitte à devenir un hors la loi et Iron Man, rongé par les remords, qui balaient ses liens d’amitié pour tenter d’adoucir sa propre culpabilité. La naissance d’un conflit et d’une guerre qui était finalement inévitable et qui va surtout définir toute la suite de la phase 3 du MCU.

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Mais Civil War, c’est aussi l’apparition de nouveaux personnages et pas des moindres. On fait ainsi connaissance avec Black Panthere, le prince T’Challa du Wakanda, qui est très véloce dans sa combinaison noire en Vibranium et même terriblement dangereux dès qu’il sort ses griffes. Si le perso reste un poil trop mystérieux à mon gout, il émane de lui une putain de classe et j’ai vraiment hâte de le découvrir plus en détails dans le film qui lui est déjà réservé. Mais s’il ne fallait retenir qu’un seul personnage, celui qui parvient à voler la vedette aux deux têtes d’affiches du film le temps de quelques scènes, ce serait sans le moindre doute Spiderman qui signe ici son grand retour sous l’écurie Marvel. Un Peter Parker qui commence tout juste à avoir du poil au menton et qui balance quelques vannes entre deux coups de genou et un tissage de toile quand il n’est pas tout simplement en train de demander ce qu’il doit faire. Je suis complètement fan du traitement du personnage même si j’ai trouvé son introduction brouillonne et trop rapide à mon gout. Mais heureusement que Tante May était là pour me faire oublier tout ça. Ah, Tante May…mais je préfère ne rien dire de plus et vous laisser la primeur de la découverte. Surtout que le film s’amuse constamment à distiller de nombreuses références, mais sans jamais tomber dans le fan service facile. Et c’est peut-être justement là sa plus grande qualité : parvenir à faire fonctionner tout ce joli petit monde sans tomber dans la facilité.

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Pour en revenir au film à proprement parler, si on pourrait croire se trouver face à une suite des Avengers, on a bien affaire à une nouvelle itération de Captain America tant le récit gravite autour de lui et de ses choix. Le film commence plutôt doucement histoire de poser le pitch, même trop doucement pour certains, mais il monte rapidement en puissance afin d’atteindre son point d’orgue dans la scène de combat à l’aéroport. Vous avez, cette scène qu’on entrevoit dans la bande-annonce et qui a fait l’objet de nombreuses moqueries sur internet à cause du nombre de persos très réduit comparé aux comics. Là encore, je vais éviter de trop vous en dire, mais cette scène est complétement démentielle et elle se pose même comme la toute meilleure scène de baston que j’ai pu voir dans un film de super héros. Oui, oui, j’assume totalement ce que je viens d’écrire. Le rythme est maitrisé à la perfection et on alterne entre les plans serrés pour les combats au corps-à-corps et les plans larges dès qu’il s’agit de faire tout péter dans un festival chorégraphié à la perfection. Le film ne s’encombre pas d’effets spéciaux superflus et mise avant tout sur des scènes d’action lisibles et bien punchy avec des combats « réalistes » où on a l’impression de ressentir chaque coup et chaque chute. De ce côté-là, Captain America Civil War est une totale réussite et on ne voit pas du tout filer les 2h30 du film tant on est plongé au cœur de l’action.

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Si la comparaison n’a pas vraiment lieu d’être tant les univers et les contextes sont différents, j’avais envie de finir par un petit mot, mais vraiment tout petit, sur Batman V Superman. Un autre film de super héros avec une autre confrontation entre deux géants qui a malheureusement viré en eau de boudin. Vous l’aurez compris, je n’ai pas spécialement apprécié le film et le fait d’avoir vu Civil War a amplifié ce sentiment. Au lieu de mettre le paquet sur des CGI sans âme et jouer les auteurs en quête de symbolisme trop souvent à côté de la plaque, la Warner et Snyder auraient mieux fait d’adopter la même posture que Marvel et miser avant toute chose sur les personnages, leurs motivations et surtout les enjeux. Ça aurait peut-être évité à Superman et Batman de passer pour deux ignobles connards qui deviennent les deux meilleurs amis du monde en un simple claquement de doigts. Tout ça pour dire que même si j’apprécie l’atmosphère des films estampillés DC, notamment de ce qu’a fait Nolan avec Batman, il va leur falloir encore beaucoup de boulot avant d’avoir ne serait-ce que la moitié de l’aura de ce que fait le camp d’en face. Mais là, ça n’engage que moi.

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