avis playstation VR

La semaine dernière, j’ai enfin pu mettre les mains, et la tête, sur le Playstation VR. Et si j’ai été complètement conquis par l’expérience, je me pose encore beaucoup de questions sur l’avenir de cette techno.

En fin de semaine dernière, Playstation m’a donc invité à venir tester son casque de réalité virtuelle à quelques petits jours de sa commercialisation. Ça se passait en plein cœur de Paris, là où Sony a décidé d’installer son Playstation Experience pour faire découvrir son casque et les expériences qui vont avec au grand public. Sur place, plusieurs bornes étaient disponibles et on pouvait s’essayer à des jeux comme Playroom VR, Farpoint, DriveClub VR, Until Dawn : Rush of blood ou encore Batman Arkham VR. Mais vu le monde sur place et l’exiguïté des lieux, je n’ai pu m’essayer qu’à deux jeux. Ce qui n’est pas plus mal puisqu’au vu des retours, ce sont les deux meilleures expériences que j’ai pu tester. Mon seul regret étant d’avoir raté Farpoint qui avait l’air plutôt chouette vu de loin.

Mais parlons plutôt du casque. Que ce soit avec le Samsung Gear VR ou l’Occulus Rift, j’ai toujours été emmerdé à cause de mes lunettes. Je suis myro depuis tout petit et j’ai absolument besoin d’avoir mes lunettes sur le nez pour ne pas voir une trainée de pixels flous à l’écran. Et première bonne nouvelle pour le Playstation VR : il est très confortable avec des lunettes. Une fois calé sur la tête, il suffit de jouer avec une molette pour faire coulisser la face avant du casque pour ne pas se retrouver avec deux verres à la place des yeux. De plus, le casque est tellement léger qu’on en oublie presque sa présence après quelques minutes de jeu. Ce qui est tout de même un sacré point fort pour un accessoire dont le but premier est de nous extirper de la réalité pour nous plonger dans une autre. En fait, il suffit d’enfiler le Playstation VR sur la tête, de se mettre un casque sur les oreilles et de lancer le jeu pour littéralement disparaitre. On est coupé du monde et le fait de passer pour un con avec un casque lumineux sur la tête et un gode phosphorescent dans chaque main en train de gesticuler devant un mur n’a strictement aucune importance. L’effet whaou du Playstation VR est palpable et limite incontestable. L’expérience est vraiment cool, mais si j’ai passé un excellent moment à checker mes rétros sur Driveclub et à tirer sur des cochons dans Until Dawn, j’ai tout de même peur que le soufflé ne retombe un peu trop rapidement.

avis playstation VR

Après le casque, parlons de l’expérience à proprement parler. J’ai donc pu tester Driveclub VR et Until Dawn : Rush of blood. Dans le premier, on se lance dans une course classique de trois tours sur un circuit urbain en mode cockpit. Et si j’ai d’habitude beaucoup de mal avec cette vue, ici, elle m’est apparu d’un naturel assez déconcertant. La visibilité est optimale, on a vraiment l’impression d’être à l’intérieur d’une caisse et il suffit de quelques tours de moteur pour prendre les bons réflexes. Comme tourner la tête pour s’assurer que personne n’arrive sur un côté ou jeter un coup d’œil aux rétros pour voir si on a pris suffisamment d’avance. Le cerveau se fait même tellement bananer qu’un gros coup de gaz sur une partie bosselée du circuit donne des petites sensations au ventre. Un peu comme avec la tour de la terreur chez Mickey, mais en nettement moins violent. La démo était tellement cool que même l’ami Narsau, suppôt de l’écurie Forza vendu à la solde de Microsoft, en est venu à apprécier le jeu. C’est pour dire !

driveclub VR

Ensuite, je me suis essayé à Until Dawn : Rush of blood. Un jeu qui n’a strictement rien à voir avec le premier Until Dawn et qui prends la forme d’un rail shooter tout ce qu’il y a de plus classique. Armé d’un Playstation Move dans chaque main, on dézingue tout ce qui bouge avec les gâchettes et on recharge d’un simple petit coup de poignet. Comme à cette merveilleuse époque où Time Crisis et House of Dead cartonnaient en salles d’arcade. La reconnaissance spatiale des Moves fonctionne super bien et on peut admirer les jolis flingues qu’on tient entre les mains simplement en les passant devant les yeux. De ce côté-là, l’immersion est vraiment au top. Pour le reste, le jeu nous embarque dans une espèce de maison hantée avec des porcs un peu partout, des scies circulaires et des crochets ensanglantés. C’est drôle (pour moi), parfois même bien trippant et on se laisse prendre au jeu à exploser ce clown géant qu’on trouve à la fin de la démo. Quitte à passer une fois de plus pour une truffe à gesticuler dans tous les sens devant toutes les personnes qui faisaient la queue juste à côté de moi.

rush of blood

Techniquement parlant, oui, les jeux Playstation VR sont loin d’être beaux. Ils sont même plutôt moches. C’est baveux, plein d’aliasing et les textures manquent cruellement de finesse. Mais honnêtement, ça fait tiquer à peine deux minutes et on passe vite au travers pour se concentrer sur l’expérience qui reste elle très convaincante. Mais comme je le disais un peu plus haut, j’ai bien peur que tout ça vira rapidement à l’eau de boudin. Les démos fonctionnent très bien sur de courtes sessions, mais pas sûr que la sauce prenne sur la longueur. On sent que les jeux ont été développés et optimisés pour impressionner lors d’un premier essai, histoire d’épater la galerie le temps d’une soirée pour faire tester la bête à ses potes autour d’une bonne bière. Mais tout ça manque de profondeur à mon gout. Et entre ça, la fatigue oculaire et la chaleur d’avoir le casque vissé sur la tête un peu trop longtemps, je ne me vois clairement pas enchainer des soirées de plusieurs heures avec le Playstation VR. D’où la question sur l’utilité d’investir tout de même 500 euros (Playstation VR + Caméra + les moves) pour un « gadget » à sortir qu’une fois de temps en temps. Un investissement qui peut même monter entre 900 et 1000 euros pour un joueur qui ne serait pas encore équipé d’une PS4. Alors même si ça reste nettement moins cher qu’un Occulus Rift ou un HTC Vive, j’ai de sérieuses réserves sur le succès du Playstation VR aussi bien chez le grand public que le joueur averti. J’ai même beaucoup de mal à imaginer un avenir pour cette technologie chez Playstation si la mayonnaise ne monte pas dès cet hiver avec des ventes solides et un line up qui convainc presse et joueurs.

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