Ne faisons pas de détour, A Plague Tale : Innocence est un très bon jeu. Vous savez pourquoi ? Parce que lorsqu’on prend autant de plaisir à tirer par la main un gamin qui arrête pas de geindre, qu’on déambule dans des villages infestés par la peste noire et qu’on doit se frayer un chemin avec une pauvre torche au milieu d’une nuée de rats enragés, c’est que le jeu est forcément bon. Je ne vois pas d’autres explications.

Une sombre histoire de rat

Si vous êtes du genre à aimer les jeux mignons, chaleureux et auréolés de couleurs, sachez que A Plague Tale : Innocence n’est pas de ceux-là et qu’il a troqué la joie de vivre contre la mort et la désolation. Le récit se déroule en 1348 et on y incarne Amicia : une jeune fille qui déborde d’énergie et qui aime se balader en forêt avec son père et son chien pour s’exercer avec sa vieille fronde. Mais ce petit moment d’allégresse familiale vire très vite au cauchemar. Le chien se fait happer et dévorer par quelque chose tapis dans le sol, l’inquisition débarque dans la demeure familiale pour exécuter froidement tout le monde et Amicia doit fuir avec son petit frère malade dans une France déchirée par la guerre et la peste noire. Une fable comptée par les développeurs bordelais d’Asobo Studio qui nous livre ici une aventure certes tragique, mais dont le thème principal reste l’amour fraternel, l’amitié et aussi l’espoir.

A Plague Tale : Innocence – l’infiltration à la mort au rats

A tactical espionage action Game

A Plague Tale : Innocence prend la forme d’une fuite en avant en plein territoire hostile. On contrôle Amicia et le but du jeu est d’évoluer dans des champs, forêts, ruelles ou  encore les ruines d’un château en évitant de se faire dévorer par des rats ou de se faire repérer par un garde qui conduit systématiquement à une mort brutale. Le tout en prenant soin de son petit frère qu’on tient constamment par la main mais à qui on peut demander d’attendre à un endroit le temps de libérer le chemin.  Si le gameplay est au final assez classique, il n’en reste pas moins varié et surtout très efficace. C’est de l’infiltration, mais avec des passages qui prennent la forme de casse-têtes. Notamment lorsqu’il s’agit de se construire une route au milieu des rats en faisant tomber des cadavres sur le sol ou en allument quelques petits feu de joie. Pour le reste, on se cache dans les hautes herbes, on attire les gardes en jetant un vase au sol et on peut même s’en débarrasser avec un coup de fronde en plein dans la tête. Parce qu’en plus de jouer à cache-cache avec les gardes de l’inquisition, il est possible de les attaquer avec sa fronde, mais aussi de jouer aux apprentis chimistes en créant des boules incendiaires, des appâts à rats ou encore une attaque acide qui fait fondre les casques des soldats. On peut créer tout ça à la volée, mais aussi via des établis qu’on croise en cours de route et où on peut aussi améliorer sa sacoche, sa fronde et d’autres accessoires. Tout cela apporte de la diversité au jeu, mais la plus grande réussite de A Plague Tale : Innocence est dans sa capacité à offrir une aventure parfaitement rythmée aussi bien dans son gameplay que sa narration.

A Plague Tale : Innocence – l’infiltration à la mort au rats

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L’important, c’est le rythme

Le gameplay du jeu a beau être classique, il parvient à se diversifier suffisamment tout au long de l’aventure pour qu’on n’ait jamais le temps de s’ennuyer. Maitrisé de bout en bout, on découvre de nouvelles mécaniques de jeu progressivement et on n’a jamais la sensation de faire la même chose. Ce qui rend l’expérience de jeu aussi fluide qu’agréable.  Et en plus d’être intéressant à jouer, A Plague Tale : Innocence est aussi passionnant à suivre. Je dirais même que le jeu se pose comme un exemple de ce qu’on peut faire d’un point de vue narratif. Car en plus de dérouler son récit à l’aide des différentes cinématiques, le jeu nous raconte aussi son histoire à travers le gameplay. Chaque niveau, mission ou lieu visité n’est pas mis là au hasard et apporte une brique supplémentaire au déroulement de l’histoire. Aussi, on s’attache très vite aux personnages jusqu’à en avoir un petit pincement à chaque fois qu’on doit laisser Hugo dans le coin d’une pièce le temps d’aller chercher une torche.

A Plague Tale : Innocence – l’infiltration à la mort au rats

Anxiogène

Pour finir, un petit mot sur l’ambiance incroyable du jeu qui est délicieusement poisseuse et pesante. Comme je vous le disais plus haut, A Plague Tale : Innocence ne transpire pas la joie de vivre et à aucun moment le jeu tente de nous faire oublier cet état de fait. Une ambiance portée par une DA trois étoiles où l’on peut saluer la beauté de certains plans même lorsqu’on nous montre des cadavres en état de décomposition dans la boue d’un champ de bataille. Au final, le seul point noir du jeu d’Asobo réside surtout sur son moteur graphique qui fait le taf, mais qui montre de grosses carences lorsqu’on commence à y regarder de plus près. Je pourrais aussi vous parler des bugs de sauvegardes qui ont touché certains joueurs ou encore de deux ou trois déconnexions de mon côté. Rien de bien méchant, mais suffisamment pour être souligné.

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